Entretien

Nicolas Dupont-Aignan : Certains jeunes sont de véritables animaux !

Homme politique

Président de Debout La France

 

BV. Une jeune fille de 18 ans se trouve encore aujourd’hui entre la vie et la mort après être tombée sur les rails du RER, jeudi soir, en gare de Yerres. Accident ou acte délibéré ? Avez-vous de nouveaux détails sur ce drame ?

NDA. D’après ce que je sais, c’est un acte délibéré. Prémédité ou non, l’enquête le dira, mais ce qui est clair, c’est que cette jeune fille n’est pas tombée toute seule et une de ses camarades l’a poussée. Violemment.

Les accidents de ce type se multiplient ces dernières années comme en avril 2009 où un voyageur a été poussé par un SDF, ou encore en 2010 où un autre avait été poussé à la suite d’une altercation. Est-ce une fatalité ?

C’est loin d’être une fatalité. C’est le résultat d’une société barbare. On s’aperçoit de plus en plus que des conflits qui paraissent dérisoires entraînent des accès de violence complètement disproportionnés. C’est cela qui déconcerte les adultes. Nous voyons arriver une jeunesse qui n’a plus aucune notion du bien et du mal, totalement déculturée, qui, au moindre prétexte, est prête à tuer. On a transformé certains jeunes en véritables animaux. C’est cela qui est le plus grave.

En tant que maire de Yerres, quelle est votre marge de manœuvre pour éviter ces drames ?

Aucune, il faut être franc. Ces drames sont la conséquence d’un délitement de la société qui aboutit à mettre en œuvre une loi de la jungle. Absence de suivi familial, institutions laxistes, violence de la société au travers des jeux vidéo et de certains films… Sans compter sur la folie des êtres, qui a toujours existé.

Qu’attendez-vous du ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, dans cette affaire ?

Le problème n’est pas uniquement celui de Manuel Valls, c’est aussi celui du ministère de la Justice et de l’Éducation nationale. Avec ce que l’on passe à la télévision, la violence fictive s’introduit dans le réel. Ces jeunes vivent au travers de ce monde, alors ils le reproduisent. Il y a un problème de société qu’il faut traiter à la racine. Le laxisme judiciaire doit également être corrigé.

Tout autre sujet. Que vous inspire la guerre politique que se livrent Jean-François Copé et François Fillon, vous qui avez quitté l’UMP en 2007 ?

Du mépris et du dégoût. Cette situation n’est pas si étonnante. Les deux partis qui nous gouvernent depuis 30 ans ne se préoccupent plus d’agir. Ils ne font que parler. Ils ont transféré tous les pouvoirs à Bruxelles, aux agences financières, à Mme Merkel… Ils n’ont plus que leurs égos pour se défouler. Ce sont des gens qui n’ont soif que d’une chose : le pouvoir.

Vous vous êtes présenté à la présidence de l’UMP en 2004 face à Nicolas Sarkozy et Christine Boutin. Vous aviez recueilli 9,7 % des voix. Peut-être qu’en fait, à l’époque, vous aviez gagné ?

(Rires) Je ne sais pas, mais ce qui est certain, c’est que j’avais probablement gagné face à Alain Juppé en 2002. L’ordinateur, ce jour-là, était en panne, et j’ai certainement fait beaucoup plus que les 15 % que l’on m’a octroyés…

Président de Debout La France