Ne plus pouvoir nommer, ou la guerre des mots

Correctrice

Liste DLF régionales 2015

 

C’est parce que nous ne sommes plus capables de dire, donc de penser, donc de poser ce que nous sommes qu’aujourd’hui le mal prospère dans notre pays.

Si la guerre est bien maintenant visible aux yeux de tous, la première guerre qui a été faite sur notre sol est celle des mots. Oui, les totalitarismes, quels qu’ils soient, finissent toujours par avoir la mainmise sur le langage. C’est alors la propagande du parti. Voyez comme les journaux, l’administration usent maintenant de circonvolutions (toujours les mêmes) pour travestir les réalités dérangeantes (les « migrants », les « non-voyants », les « quartiers », les « dérapages »…). Souvenez-vous de George Orwell.

Ne remarque-t-on pas d’ailleurs que les tribunaux sont de plus en plus engorgés par des accusations liées à l’expression d’idées « pas comme il faut », les « dérapages » ? Nos gouvernants, d’un cynisme éhonté, osent faire défiler les foules au cri de « Je suis Charlie », quand dans le même temps la censure gagne partout du terrain.

À force de lisser les mots, de tordre la vérité, de discipliner notre beau langage plus fleuri du tout mais devenu sec, infécond, mortifère même, nous nous sommes perdus de vue nous-mêmes.

N’est-ce pourtant pas le verbe qui donna la vie ? Au commencement était la parole et toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. La vie et la mort sont d’abord dans les mots. Jésus dit au figuier : « Que jamais fruit ne naisse de toi ! » et celui-ci, sur ces mots, devint sec.

Ainsi, d’être privées d’instruction nos intelligences se sont-elles nécrosées et nous ne savons plus nommer les choses, notre conscience s’est-elle cautérisée et nous ne sommes plus capable d’appeler bien ce qui est bien et mal ce qui est mal. L’avortement est un infanticide.

Voilà donc nos bataillons de Français, issus de notre école républicaine en faillite, dépourvus de langage, privés de leur verticalité, occupés à se nourrir et à se divertir, qui n’ont pas les armes conceptuelles pour établir l’inconstitutionnalité française du Coran, pour récuser l’islam en France.

La guerre est maintenant celle des armes. Parce qu’on a perdu celle des mots. Rhétorique, langue de bois : les manipulations sémantiques ont rééduqué les masses sidérées. Les frontières sont un repli sur soi, les Français sont racistes : ces mensonges m’ulcèrent. Les femmes voilées sont françaises. Comme vous. Vraiment ? Si l’identité française n’a plus d’autre substance qu’administrative, alors nous sommes désarmés. Si nous ne savons dire ce qui nous ancre dans cette patrie, legs d’hommes unis dans un même destin de peuple, alors nous sommes, quoique demeurés ici, déracinés. Et si nous n’apprenons plus le récit de notre histoire, alors nous voici sans Dieu et fauteurs de la débâcle morale : « Un peuple sans passé est impropre au surnaturel », disait la philosophe Simone Weil.

Et c’est sur cette terre inculte, affaiblie, finalement intouchée par l’Évangile, que prospère aujourd’hui le danger venu de l’extérieur, celui dont François Hollande ne dira pas le nom.

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