Journal de bord d’une « petite » candidate : la campagne dépeuplée

Correctrice

Liste DLF régionales 2015

 

Nous sommes à 1 semaine des élections départementales. C’est l’ébullition…

Grand soleil sur le marché ce matin. La France qui se lève tôt est là : moi aussi, avec mes tracts.

Bonjour Madame, notre programme, c’est la bienveillance, le courage, la responsabilité.

Le regard de la passante flétrit ces mots, on se sent tout bête. Certainement cette « senior », courtisée par les labos pharmaceutiques et les agences de voyages, flattée par nos hommes politiques qui lui préparent une bonne petite euthanasie en libre-service qui donnera à ses enfants l’idée de venir pour une fois s’occuper d’elle, n’a pas besoin de moi.

Le passant suivant est très pressé, mais il prend quelques secondes de son précieux temps pour chiffonner mon tract.

Je sors mes ballons. Bah oui. Rapport à la démocratie. On t’écoute mieux si t’as des ballons, faut s’y faire. Après 40 ans d’aberration pédagogique de l’Éducation nationale, de pantalonnades syndicales, le Français a la polémique à zéro, la disputation dans les chaussettes, la culture engloutie dans le plug anal. Vite, des ballons. À 300 euros la boîte de 500 – pas remboursée par la Sécu, contrairement à l’avortement –, la question de l’argent est vite épineuse. Pas sûr de faire 5 % des voix ? Pas sûr de revoir les 300 euros ; comme un lâcher de ballons à l’hélium, c’est donc généreux, éphémère. Allez, ce n’est rien, 300, une mini-note de frais d’élu réélu, réélu…

Madame ! Les Yvelines, c’est 1 milliard 400 millions d’euros de budget annuel !
Cette somme déduite de leur frigo, de leur réservoir d’essence, les Yvelinois comparent les prix à l’étalage.

Le soleil se voile sur ce désert électoral. Dans le coffre d’une Twingo, nous apercevons un stock de cartons de tracts. L’UMP, le PS, le FN, assurés du remboursement de leurs comptes de campagne, auraient tort de se priver. Le FN, d’ailleurs, passe ses nuits à recouvrir nos affiches des leurs. Chacun ses élégances. Par exemple : Pierre Bédier a civilement consenti à revenir à son poste de président de conseil général après avoir été condamné pour corruption. Les conseillers généraux actuels, ses magnanimes amis, l’ont réélu pour le réconforter après ses mésaventures, petit chou.

Le marché remballe. J’enrage : à cause de nos technocrates, il n’y a plus moyen de parler aux gens, las des baisers de Judas des bateleurs des urnes. Des enfants dédaignent mes ballons. Trop gâtés, ces petits…

Samedi, j’y retournerai, et je leur dirai (les yeux dans les yeux) : nous sommes des vôtres. Je me suis levée, et ne me rassiérai pas, parce que la France, en s’asseyant depuis 40 ans sur des principes moraux, en célébrant les droits mais jamais les devoirs, a créé un citoyen bancal, déconstruit, malheureux. C’est de ça que la France crève. Osons proclamer liberté et responsabilité, honte et dignité, reconstruire des repères justes en politique.

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