Ce système libéral est devenu fou !

Au cœur du système libéral règne le marché, censé fluidifier les relations entre les êtres humains en les détournant des passions qui, des siècles durant, les ont fait s’affronter. En se livrant au « doux commerce », qui leur fait rechercher à chacun la satisfaction de leurs besoins, les hommes trouveront dans ce noble but le dérivatif à leurs pulsions guerrières. Pour cela, le système libéral s’appuie sur trois piliers : une neutralité morale absolue, la destruction des structures sociales traditionnelles et le dogme de la croissance indéfinie.

Par la neutralité morale, il renvoie les convictions de chacun à la sphère privée : rien de ce qui relève des principes fondamentaux ne doit émerger au risque de détourner les hommes de leur fonction économique. Par la destruction de toutes les structures traditionnelles, il transforme les personnes en individus, seuls face au marché. Quant à la croissance, elle relève du pur matérialisme : la satisfaction de besoins sans cesse renouvelés, la plupart du temps de manière artificielle.

La crise des gilets jaunes éclaire d’un jour nouveau les aberrations de ce système. Loin de contester une saine liberté économique, ou de rêver d’une société socialiste utopique, les révoltés constatent qu’ils sont exclus de la croissance et isolés dans un monde qui a détruit les solidarités traditionnelles, les structures familiales, les principes fondateurs, les corps intermédiaires et toutes les raisons de vivre qui échappent à la science économique.

Dire qu’ils en ont pleine conscience serait présomptueux. Mais on ne parle pas philosophie – fût-elle politique – à celui qui crève de faim. Ce que nous disent les gilets jaunes peut sembler disparate et incohérent. Du prix des carburants à la désertification des campagnes, de la crise migratoire à la complexité législative, de la perte de nos libertés à la pression fiscale, tous expriment finalement, de différentes manières, le sentiment d’être abandonnés par le monde « d’en haut », par cette élite de privilégiés qui tire profit de la mondialisation en oubliant le peuple qui rend possible l’abondance matérielle dans laquelle elle vit.

Le système libéral atteint, là, sa limite. Au nom de l’efficacité, il détruit, rationalise, supprime ce qui lui semble inutile et coûteux. Les bureaux de poste, les trains, les petites exploitations agricoles, les communes rurales. Tout ce qui coûte cher et pèse lourd dans les comptes de la société. Au nom de la croissance, il pollue et détruit les paysages parce que ses adorateurs répètent qu’il n’est pas possible de faire autrement. Au nom de la réduction des coûts, il tire les salaires vers le bas en imposant une immigration qui n’a rien de philanthropique. Au nom de la neutralité, il réprime l’expression des idées dissidentes. Enfin, il impose à tous sa manière de procéder, parce que celui qui tente de s’y soustraire meurt, écrasé par la concurrence. Le chef d’entreprise qui refuse la fatalité d’une production délocalisée et confiée à des esclaves asiatiques met rapidement la clef sous la porte. Comment faire autrement, même à son corps défendant ?

Nous avons défendu ce système absurde des décennies durant parce qu’en face, la tyrannie communiste semblait un mal bien pire. Mais il mène immanquablement à la guerre, car contrairement à ce que pensaient les philosophes qui l’ont construit, l’addition des vices privés ne fait pas une société. Il laisse sur le côté du chemin tous ceux qui ne savent pas, ne peuvent pas ou ne peuvent plus. Il leur laisse le goût amer de la consommation sans but ni fin. L’homme ne peut pas vivre pour consommer.

Au-delà de leurs maladresses, de leur violence parfois, de tout ce que nous pouvons leur reprocher, les peuples qui se révoltent ont un message simple : ce monde devient fou. Le drame des gilets jaunes, c’est que, dans une société qui a abdiqué toute valeur morale, où les individus sont devenus ce que le système voulait en faire, il n’existe aucune solution intelligible à la majorité pour changer de paradigme. Cela fait dire aux gens raisonnables qu’il n’y a pas d’alternative. Ils ont raison, sans doute. Cela n’empêchera pas le système de s’effondrer sous ses propres contradictions. Et nul ne sait ce qui en sortira, demain ou dans dix ans.

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