6 juillet 2018

Ce sera l’« islam de France », mon Frère !

Monsieur Hakim El Karoui, le « Monsieur Islam de France », nommé par le Président Macron, vient de pondre une « note » qui dévoile ce qui pourrait être l’Association musulmane pour l’islam de France (AMIF).

Le Monde, repris par différents journaux – Le Figaro, Atlantico et LeMuslimPost -, commente allègrement cette initiative, évoquant une « charte politique claire et républicaine » passant, notamment, par « le respect de la laïcité et l’égalité hommes-femmes ». Nous sommes rassurés, même si l’on est en droit de s’interroger sur la notion de « charte politique », concernant les règles de la pratique d’une religion ! Tout n’avait-il pas été débattu, écrit et institutionnalisé, depuis 1905 ?

Considérant, notamment, la provenance opaque des financements de l’islam en France, qui reste l’un des problèmes, mais pas le seul, « Monsieur Islam de France » préconise de créer l’AMIF (Association musulmane pour l’islam de France). Cette institution serait chargée de récolter des fonds pour financer la formation des imams, la construction de lieux de culte (en clair, des mosquées) ou encore des actions de lutte contre l’islamophobie (terme calqué sur celui de xénophobie, qui a pour but de faire de l’islam un objet intouchable sous peine d’être accusé de racisme, création, digne des propagandes totalitaires – Libération, 23 novembre 2010) et l’antisémitisme (à l’encontre de nos concitoyens juifs, également ?). Elle serait chargée, pour cela, de centraliser l’argent du halal (label musulman pour ce qui est autorisé par la religion), du hajj (le pèlerinage à La Mecque) et de la zakat [l’aumône, l’un des cinq piliers de l’islam avec la profession de foi, le ramadan, le hajj et les cinq prières quotidiennes, NDLR]. Cela permettrait, selon « Monsieur Islam de France », de se garder des financements des pays musulmans, Arabie saoudite, Qatar, Maroc et autres… Seraient-ce les prémices de la création, en France, d’une « Banque islamique » ?

Au cimetière de Cocherel, Aristide Briand doit se retourner dans sa tombe.

En clair, Monsieur Macron, de quoi je me mêle ? Et, surtout, à quoi je mêle l’État français ? Ce n’est pas à lui de se préoccuper de savoir ce qui conviendrait le mieux à cette religion pour se développer plus sereinement en France, mais à cette religion de s’adapter à notre Constitution, à nos lois et à notre culture.

La loi de 1905 est, à ce titre, très claire et il est toujours bon d’en rappeler l’article principal : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public. La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes. » Suivi d’une précision : « Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d’aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons. » Quand on sait que près de 70 % des « pensionnaires » de nos prisons sont de confession musulmane, convenons que l’État en fait déjà bien assez !

D’ailleurs, cela semble bien clair, comme le précisait Nathalie Goulet, sénatrice et rapporteuse d’une mission d’information sur le financement des lieux de culte musulman, il y a deux ans, à propos du halal : « On ne peut pas mettre une taxe sur une donnée religieuse, cela est contraire à la loi de 1905. »

LeMuslimPost, dans sa livraison d’aujourd’hui, précise que cette initiative se veut consensuelle. Hakim El Karoui veut, notamment, veiller à « ne pas exclure des personnalités proches de l’UOIF », l’Union des organisations islamiques de France, fédération (association type loi 1901) créée au début des années 80 qui regroupe plus de 250 associations musulmanes. Cette association est devenue, aujourd’hui, Musulmans de France et se défend d’avoir des liens avec les Frères musulmans. Ce n’est pas ce que pense Fiammetta Venner, politologue et cofondatrice de la revue ProChoix. Dans une enquête très fouillée, publiée chez Calmann-Lévy,OPA sur l’islam de France, elle met en lumière la face cachée de cette organisation et ses liaisons dangereuses avec les Frères musulmans. Ça commence fort !

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