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Ce que produirait l’union sacrée LR-FN

Satiriste polémiste
 

Nicolas Sarkozy est entré dans les primaires de la droite sur les chapeaux de roue : identité nationale, islam, insécurité – l’artillerie lourde de campagne au grand complet. Un tel programme devrait en faire l’allié naturel du Front national, et le fait qu’une telle alliance ne soit pas évoquée suffit à confirmer le peu de sincérité du projet. Pourtant, lorsque l’on répète après chaque attentat que l’on est en guerre, l’union sacrée entre les Républicains et les Frontistes devrait être au minimum envisagée à titre d’hypothèse. On réaliserait, alors, aisément les fruits que produirait une telle alliance, par exemple au second tour des législatives le 18 juin 2017.

Tout d’abord, cette alliance aurait pour effet de faire presque entièrement disparaître la gauche du paysage politique français. Les candidats socialistes qui auraient franchi le cap du premier tour n’auraient, en effet, qu’une très faible chance de victoire face à des candidats LR ou FN bénéficiant du retrait de leur concurrent de droite. Exclue de facto du pouvoir exécutif – dans l’hypothèse probable de l’élimination de leur candidat dès le premier tour de la présidentielle – et du pouvoir législatif, la gauche antifrançaise ne tiendrait plus qu’une partie du pouvoir judiciaire et l’essentiel du pouvoir médiatique. Cela lui conférerait encore une grande capacité de nuisance, mais ce ne serait déjà plus l’hégémonie destructrice actuelle.

La conséquence immédiate de ce résultat serait que, pour la première fois depuis des décennies, la France aurait une Assemblée nationale réellement représentative. En effet, si l’on additionne le pourcentage des Français qui votent FN à celui des Français qui votent LR en partageant les idées du FN sur presque toutes les questions « sociales », on est très largement au-delà de la majorité absolue. La situation actuelle qui voit près de 60 % des Français représentés par trois députés FN ou apparentés et quelques dizaines de députés LR réellement de droite face à plus de 500 députés de gauche ou apparentés (les juppéistes, « kosciuskomorizéistes » et autres « udéistes ») est, de fait, un scandale démocratique, scandale auquel l’alliance LR-FN mettrait fin.

Quel que soit le Président élu au mois de mai 2017 – Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy, François Fillon ou un autre candidat LR -, celui-ci serait assuré d’avoir une large majorité pour diriger et redresser le pays. Non seulement il aurait la possibilité de conduire la politique qu’avait promise Nicolas Sarkozy en 2007, mais il serait dans l’obligation de le faire, dès lors que les députés nouvellement élus feraient autant de frondeurs potentiels en cas de trahison de l’exécutif.

Correctement représentés, respectés et défendus par leur Président et son gouvernement, rassurés sur la volonté de leurs dirigeants de contrôler les flux migratoires et de contrer l’offensive politique de l’islam en France et à l’étranger, les Français auraient beaucoup moins de motifs de se crisper sur des questions identitaires ; les tensions ethniques, religieuses et culturelles descendraient d’un cran et la France s’apaiserait, quand bien même des juges, des journalistes et des « déséquilibrés » continueraient à jeter de l’huile sur le feu.

Alors, qu’attend-on pour commencer les négociations ? On attend que les politiciens – FN compris – se soucient davantage des intérêts de leur pays que de leurs propres intérêts et on attend que la France devienne une démocratie, régime dans lequel le pouvoir est issu de la volonté populaire en lieu et place de ce curieux système dans lequel le pouvoir provient de lobbies économiques, médiatiques, associatifs et philosophiques ultra-minoritaires, système oligarchique pudiquement appelé « la République ».

On peut toujours attendre, me direz-vous ! Eh bien, peut-être pas. Lorsque la politique devient une question de vie ou de mort, il arrive que le peuple – l’ensemble de ceux sur qui s’exerce le pouvoir- se mêle de ce qui le regarde et qu’il fasse pression sur ses dirigeants !

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