Editoriaux - Religion - 22 septembre 2018

Ce n’est pas seulement la formation des imams qu’il faut changer, mais certains principes de l’islam

On apprend, par Le Figaro, qu’à l’université de Lorraine, le cours de droit de la laïcité, ouvert l’an dernier, a été détourné de ses objectifs. Censé préparer à un diplôme universitaire de formation civique des imams, il aurait servi à dénoncer la laïcité et l’islamophobie de l’État.

L’un des professeurs chargés de cette formation semble avoir une conception militante de l’enseignement universitaire. Le plan de son cours, que le quotidien s’est procuré, révèle que les vingt-quatre participants ont pu l’entendre critiquer la loi de 2004 sur l’interdiction du voile à l’école, qui répand « le fantasme d’une soumission », « jette l’opprobre officiel sur les filles » pour « inciter à la discrimination ».

Il dénoncerait aussi une islamophobie d’État, répandue sous couvert de laïcité, qui donnerait « une nouvelle légitimité [au] racisme et [au] ressentiment anti-arabe ». Il ajoute qu’une « affirmation religieuse et notamment musulmane est nécessaire comme émancipation ». Peut-être a-t-il mal compris l’objet de sa mission et croit-il qu’il est de son devoir de donner des arguments aux imams pour défendre le port du voile et autres coutumes communautaires, liées à la culture islamique ?

Cette formation devrait cependant rouvrir en novembre, « avec une nouvelle équipe pédagogique toujours en cours de constitution », selon deux responsables du diplôme. C’est la moindre des choses ! Si les autorités publiques doivent surveiller, non seulement les prêches des imams, mais aussi les formateurs qui sont destinés à leur apprendre les fondements de la laïcité, on n’est pas sorti de l’auberge !

Depuis les attentats de 2015, les diplômes de laïcité se sont multipliés. Le premier avait été créé, en 2008, par l’Institut catholique de Paris : Le DU « Interculturalité, laïcité, religions » propose, d’après son site, « une formation à l’histoire et à la pratique de la laïcité française, couplée à une réflexion sur la place des religions dans une société plurielle et interculturelle ». Un tel sujet, scientifiquement traité, peut certes intéresser un public plus large que celui des imams.

Mais ces derniers ne se bousculent pas au portillon pour suivre une telle formation, qui accueille surtout des étudiants curieux du sujet, des représentants d’autres cultes ou des fonctionnaires chargés des questions religieuses. Les imams ou apprentis imams s’en méfient, à commencer par ceux qui contestent ouvertement les valeurs de la République.

Gérard Collomb se dit favorable à l’intervention de l’État dans la formation des imams, pour qu’ils deviennent « des imams de la République française ». Mais est-ce compatible avec un État laïque ? Et si les dérives de l’université de Lorraine font des émules, c’est mal parti. Sans compter que beaucoup des intéressés voient dans cette expérience une volonté de mise sous tutelle du culte musulman, voire une entreprise d’obédience néocoloniale. Tout au plus viendront-ils pointer pour obtenir un brevet de légitimité.

Les imams continuent donc d’être formés dans les pays du Maghreb, en Égypte, au Yémen ou dans des instituts dépendant de la Grande Mosquée de Paris et de l’ex-UOIF, proche des Frères musulmans, qui se fait appeler maintenant « Musulmans de France ». Chacun jugera si ce sont des références suffisamment fiables.

Le gouvernement français, à supposer qu’il en ait la volonté, aura beaucoup de mal à contrôler le recrutement des imams et leurs prêches si les musulmans eux-mêmes et leurs représentants ne procèdent pas à une remise en question des principes qui sont incompatibles avec notre civilisation et notre mode de vie. Ce n’est pas demain la veille, tant que nos dirigeants considéreront que l’islam est une religion comme les autres.

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