Editoriaux - Histoire - Religion - 16 août 2018

Ce 15 août que la France redécouvre

Sur Twitter, c’est à qui veut montrer son plus beau feu d’artifice, Biarritz tenant évidemment le titre. Grande plage noire de monde, les premières fusées éclatent et, entre les oh et les ah, la belle jaune et la belle bleue, le rocher de la Vierge apparaît, par intermittence. Comme un clin d’œil. Car, comme le rappellent avec pédagogie certains journaux à leurs lecteurs les plus incultes, le 15 août, c’est la grande fête de la Vierge, son Assomption.

Depuis plusieurs années, le 15 août a réussi à se refaire une place dans le calendrier et il est en train de redevenir une grande fête populaire. Oh, pas forcément religieuse, n’en demandons pas trop ! Mais populaire. Et symbolique, car on est bien obligé de répondre aux enfants (« Mais c’est quoi, le 15 août ? »). Ma ville, qui n’a jamais eu de tradition officielle du 15 août, et qui, imprégnation franc-maçonne et domination socialiste obligent, a plutôt tout fait pour ne pas en avoir une, a dû s’y mettre aussi. Et rapatrier, à la date du 15 août, un feu d’artifice autour de la principale église de la ville. Ils avaient placé cette fête en septembre, quand tout le monde est rentré et n’a plus la tête aux feux d’artifice. Ils appellent ça « l’embrasement du clocher ». C’est devenu un grand rendez-vous populaire, familial, où se rendent à la fois les touristes et les grands-parents d’ici qui accueillent enfants et petits-enfants. Ici, le 15 août a gagné.

D’autres signes montrent ce retour en grâce du 15 août, à petits pas. En quarante ans de fréquentation des églises, jamais je n’avais entendu de prière pour la France, jamais entendu un curé rappeler le vœu de Louis XIII. Vous me direz que je ne fréquentais pas les bons lieux. Mais bon, la bonne parole est venue jusque dans mon mauvais lieu ! Après tout, Le vœu de Louis XIII est toujours accroché dans la cathédrale de Montauban, à d’eux pas d’ici.

Bien sûr, les grands pèlerinages, les retraites aux flambeaux de Lourdes et d’ailleurs ont toujours entretenu la flamme. Mais voir fleurir, sur les réseaux sociaux, les photos de la procession de la Vierge à Nice postées par Christian Estrosi, cela en dit long. Et pas que sur l’opportunisme du bonhomme. Quand il était à Brégançon, Jacques Chirac avait ce sens d’un 15 août populaire, quand il allait à la messe à Bormes-les-Mimosas, entraîné par Bernadette. Emmanuel Macron, lui, coincé entre piscine et Aquarius, n’a pas ressenti ce besoin de 15 août. Ou peut-être boude-t-il.

Finalement, derrière les calculs intéressés de nos édiles et le goût de la fête des touristes, c’est la Vierge qui a gagné. Mais chut, ils ne le savent pas, le plus important étant que les enfants, eux, aient eu la réponse à leur question.

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