Editoriaux - Réflexions - 10 novembre 2018

Ce 11 novembre matin, tous aux monuments aux morts !

Je fais un rêve. Que ce 11 novembre 2018, la France, le monde et les réseaux sociaux soient stupéfaits par une affluence inattendue autour de tous les monuments aux morts, à 11 heures. Que des familles, des individus qui, par le passé, par ignorance, par une vague idéologie antimilitariste, ou simplement par paresse, ne s’y sont jamais rendus répondent présents. Quel signe ce serait ! Un signe de ralliement. Une façon de dire : nous n’avons pas complètement oublié qui nous sommes, d’où nous venons, et nous avons aussi envie de continuer à porter ce vieux pays. On y viendrait de plus ou moins bon cœur, mais on ferait l’effort, comme pour les noces d’or, de platine, de chêne des arrière-grands-parents.

Ce serait aussi une façon de dire non au grignotage, à la submersion des dimanches et des jours fériés par le supermarché qui va ouvrir et vous attirer par son bon d’achat, non à la bibliothèque municipale et au cinéma qui croient faire les malins en l’imitant, de refaire une place à la trêve, à la suspension des combats, des courses, du présent qui ne pense qu’à lui et qu’à remplir son Caddie®, en perdant le sens et le souffle du temps. De montrer au monde et à nous-mêmes que les Français de 2018 n’ont pas pour horizon indépassable leur grasse-mat’ et leur brunch du dimanche matin.

Si nous le décidions, ce 11 novembre 2018 pourrait aussi devenir historique. Une marée humaine, calme, digne, recueillie, souriante, déterminée, dans chacune de nos villes, avec nos enfants, serait un bien meilleur signe de vitalité que les blocages klaxonnants et les gilets jaunes du 17 novembre. Faire en sorte que tous les commentateurs ne parlent plus que de ça, que les hommes politiques soient obligés de repenser leurs petites stratégies, que cela amène M. Blanquer à reprendre ses nouveaux programmes d’histoire, le Président Macron à ne pas se contenter de mettre un point final dimanche soir à sa séquence d’« itinérance mémorielle », que l’on se pose à nouveau les grandes questions: « Qu’est-ce qu’une nation ? » Que l’on réfléchisse, à nouveaux frais, sans tabou, sur ce que c’est qu’être français et sur ce qui, aujourd’hui, fait cruellement défaut à ce niveau.

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