Un peu de décence, Monsieur Guaino !

Ancien chef d'entreprise
 

Quelle misère : avec 5.100 euros nets par mois, Henri Guaino n’arrive pas à mettre une thune de côté ! Mais comment se fait-ce ?

Parce que, contrairement à d’autres, lui a commencé sa carrière d’élu à 50 ans passés. Et parce que, à 50 ans passés, il a des charges, ce monsieur. Et il n’habite pas n’importe où : à Paris, les loyers sont hors de prix. En outre, même en l’ayant réduit, son train de vie – on sent toute la détresse vécue — pèse plus lourd qu’en Corrèze ou dans la Creuse.

Pauvre Henri ! En 2012, il se plaignait de devoir travailler dans un cagibi de l’Assemblée nationale. Ça le changeait tellement de son bureau du salon d’angle du temps où, conseiller de Nicolas Sarkozy, il écrivait la plupart de ses discours pour seulement 29.000 euros par mois — information révélée en 2009 —, ce qui ne lui a évidemment pas permis la moindre économie…

Pauvre Henri, il va finir par nous faire un burn out définitif ! Surtout qu’en 2013, en épanchant ses malheurs sur l’épaule de Laurence Ferrari, c’est de 5.200 euros qu’il parlait. Tellement « mal payé », le pauvre homme, qu’il ne se sentait « pas mieux loti qu’un ouvrier ou un chômeur ». Henri ne sait plus ce qu’il dit…

Et n’oublions pas qu’à cette confortable somme s’ajoutent – Henri Guaino, si troublé, n’y a plus pensé – 5.770 euros par mois de frais de représentation, selon leplusnouvelobs, en 2013, ou 6.400 selon Le Lab, en 2012.

Des indemnités de frais de mandat défiscalisées, auxquelles Henri Guaino tient comme à la prunelle de ses yeux puisqu’il s’était prononcé contre leur suppression proposée par les centristes…

Henri Guaino ne vit pas dans le même monde que nous. Hors-sol, déconnecté de la vraie vie, parce qu’il est élu, tout semble lui être dû. Idem du côté de Gérard Collomb, d’ailleurs. Pour cause d’absentéisme au Sénat, il ne touche plus que 4.000 euros par mois. « Un vrai cauchemar », s’indigne le défenseur du cumul des mandats. Aussi déconnecté que Morizet et son ticket de métro à 4 euros ou Copé avec son pain au chocolat à 15 centimes…

Enfin, quoi, où a-t-il la tête, ce Guaino ? N’importe qui de normal adapte son train de vie à la somme dont il dispose chaque mois.

N’importe qui de normal trouve pareil montant plus qu’honorable pour vivre, y compris à Paris.

N’importe qui de normal estime qu’être payé 10.000 euros par mois pour un boulot où il n’y a jamais de comptes à rendre, où se tromper de bouton pour voter n’entraîne absolument aucune conséquence, c’est un boulot plus que bien rémunéré.

N’importe qui de normal, dans les mêmes conditions, reconnaîtrait humblement, honnêtement qu’à ce tarif-là, ce boulot qui ne risque pas de vous casser les reins, avec ses avantages fiscaux et ses retraites dorées, c’est royal.

Mais pas Henri Guaino ! Lui voit dans le tollé provoqué,« une hystérie démagogique ». La preuve : il ferait son job de député sans être payé, s’il gagnait sa vie à côté en tant, par exemple, que conseil dans une société. Ben voyons : la loi n’autorisant pas les députés en cours de mandat à exercer ce genre d’activité, voilà une déclaration qui ne mange pas de pain. À moins qu’il ne s’agisse d’un appel du pied pour modifier cette disposition ?

Des années, que les Français doivent se serrer toujours plus la ceinture pendant que les élus n’ont jamais serré la leur : il y a parfois des claques qui se perdent…

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