Un CADA en Corrèze qui ne coûte pas cher : c’est l’État qui paye

Ancien chef d'entreprise
 

Peyrelevade, bourgade de 841 âmes au nord de la Corrèze – fief hollandais -, a transformé sa maison de retraite en centre d’accueil de demandeurs d’asile (CADA) dont le but, explique le maire Pierre Coutaud, est « de redynamiser le bourg […] ».

En effet, à la fin du mois, soixante personnes venant de Syrie, d’Ukraine, de Somalie, de Russie, du Soudan, etc., prendront possession des lieux spécialement réaménagés en « hébergement collectif », et pourront y rester entre 18 mois (la durée moyenne) ou trois ans (la durée maximum).

La municipalité a ainsi investi dans la transformation de 2.353 m2 sur 3 niveaux, 26 appartements avec cuisine et buanderie pour chacun d’eux, hébergement prévu pour personnes à mobilité réduite, le tout parfaitement équipé en lits, frigos, salles de bains. Draps et couvertures fournis. Un véhicule de service est également mis à disposition pour aider ses usagers à se déplacer.

Pour Marie Mazaud, la chef de service de cet énième CADA – 265 en France -, « le projet porté par la municipalité est accepté par la population locale et les associations qui veulent travailler avec nous, ce qui peut être très enrichissant ».

Les raisons de la présence de ces personnes demandant le statut de réfugié ? Parce qu’elles ont été persécutées dans leur pays – ou ont risqué de l’être – « du fait de leur race, religion, nationalité, sexualité, appartenant à un groupe social ou de leurs opinions politiques ». En aucun cas « des clandestins », explique la chef de service de ce CADA corrézien. La création des CADA, en 1991 (dans le prolongement du dispositif national d’asile, en 1973), est pourtant étroitement liée à l’interdiction qui leur est faite de travailler, selon une circulaire de Michel Rocard, cette même année 1973.

En outre, au fil du temps et de l’augmentation de leurs subventions publiques, les associations militantes, basées sur le bénévolat, ont changé de statut : elles se sont professionnalisées. Elles peuvent donc recruter du personnel.

Alors, avec d’un côté de l’argent public versé au prorata du nombre de demandeurs d’asile hébergés dans chaque CADA, et de l’autre le financement du nombre de places interdépendant du nombre de salariés travaillant dans ce secteur – selon un ratio d’un salarié pour dix ou quinze demandeurs d’asile (conseillers en économie sociale et familiale, éducateurs spécialisés, assistants sociaux, juristes…) -, on assiste à un gonflement drastique de ces emplois associatifs – environ 2.000 salariés CADA en France – au détriment des aides pour les entreprises privées.

Pour preuve, la création toute récente de l’association « Les amis du CADA » avec, pour objectif, de « favoriser l’intégration des résidents par le partage d’activités, l’aide à l’apprentissage de la langue française, du soutien scolaire, des ateliers de cuisine, du covoiturage, etc ».

« Une opération blanche puisque l’emprunt sera remboursé par le loyer versé par Forum réfugiés Cosi », dit le maire. Forum réfugié Cosi, une « association sans but lucratif », aux 21 bailleurs de fonds dont 19 publics.

À Peyrelevade – 15,69 % de chômeurs -, un investissement de 1,2 million d’euros pour 5 emplois assimilés publics : « Ça ne coûte pas cher, c’est l’État qui paye… »

Caroline Artus
Ancien chef d'entreprise
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