À quand un débat contradictoire sur l’immigration en France ?

Ancien chef d'entreprise
 

En 2007, en Martinique, la chaîne KMT diffusait une émission sur « le génocide par substitution », expression employée dans les années 70 par le poète Aimé Césaire qui voyait dans ce dernier « le remplacement des populations locales par des gens venus d’ailleurs ». Des Brésiliens, des Surinamais, des Colombiens, des Haïtiens, des Dominiquais, comme c’est le cas pour la proche Guyane ou la Guadeloupe, bref, des étrangers ? Absolument pas ! Les quatre personnes présentes sur le plateau s’insurgaient contre l’arrivée massive… des Français : « Il y a de plus en plus de Français, de blancs. » « Ces populations françaises, ces populations blanches » ; « Ces Français se comportent comme des colons » ; « On est dans des transferts de population du fait de la mondialisation et de notre statut particulier », déplore, à tour de rôle, chacun des intervenants.

Ça, alors ! Il nous avait pourtant semblé que les Martiniquais, depuis 1946 et sous l’impulsion d’Aimé Césaire lui-même, le plus jeune des députés d’Outre-mer, étaient aussi Français que les Métropolitains. Les Martiniquais seraient donc – fièrement et sans hésitation – des Français de papier, un peu comme nous sommes enclin à le penser d’une partie de nos compatriotes sauf que nous, Français métropolitains qui aurions l’outrecuidance d’émettre publiquement pareille opinion, serions illico priés de nous présenter devant la 17e chambre.

Au fond, qu’attendent ces quatre Martiniquais des Français qui débarquent dans leur île ? La même chose que nous vis-à-vis de nos immigrés : qu’ils vivent comme eux et qu’ils aiment leur pays.

Car si l’on se froisse de tels propos tenus par des Martiniquais de souche qui relèguent à l’arrière-plan leur appartenance depuis 72 ans à la nation française, les 34 % des Français qui adhèrent globalement aux idées du Front national se désolent tout autant qu’eux de constater – mais en France – jusque dans des petits villages, « le génocide par substitution » ou « le Grand Remplacement » décrit par Renaud Camus.

Mais la comparaison s’arrête là. Les Métropolitains ne sont pas, à notre connaissance, responsables de l’explosion de violence et des trafics de drogues qui représentent 95 % des affaires pénales en Martinique, laquelle se place presque au niveau de la Seine-Saint-Denis dans cette catégorie. Et si les 40 % de prime de vie chère attribuée aux fonctionnaires métropolitains et martiniquais ont eu un impact sur le prix de l’immobilier, comme s’en plaignent les quatre interlocuteurs, ce sont bel et bien les Métros et les Martiniquais qui, selon du côté de la barrière où ils se situent, en pâtissent ou en profitent.

En 2007, une chaîne de TV martiniquaise a donc autorisé quatre personnes de couleur à débattre sans contradiction à propos d’une colonisation de blancs aux origines historiques fort différentes mais cependant de même nationalité et majoritairement de même religion.

À quand, en Métropole, un débat avec contradiction réunissant des Français qui parleraient des poches d’étrangers – ou de Français – leur imposant leurs us et coutumes issus d’une autre religion ? Quand les poules auront des dents, certainement. À moins que la manifestation organisée ce dimanche à Paris par Riposte laïque et demandant l’organisation d’un référendum sur l’immigration massive en France n’ait cet effet salutaire et inespéré…

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