Quand NVB autorise le voile dans l’espace public

Ancien chef d'entreprise
 

La bi-nationale Najat Belkcacem vient de cracher le morceau : les parents des élèves en sorties scolaires ne sont pas soumis à la neutralité religieuse. En conséquence, sauf exception, il n’est plus admis de leur opposer un refus. De quelles exceptions s’agit-il ? D’après le ministre de l’Éducation nationale, il s’agit de « situations particulières », liées par exemple au prosélytisme religieux. Et le port du voile ou de la burqa n’en ferait pas partie ?

Moins d’un an après la publication de la « Charte de la laïcité » dans les établissement scolaires – dont aucun des 15 volets ne statuait, de manière fort maligne, sur le port de signes religieux pour les personnes accompagnatrices – et dix mois après la loi votée à Bruxelles, qui était censée clore ce chapitre en confirmant la loi française de 2010 – laquelle élargissait l’interdiction aux espaces publics par rapport à la loi de 2004 (qui ne concernait que les espaces scolaires) –, la décision assumée de madame Belkacem entérine définitivement l’autorisation de s’afficher partout en accoutrement religieux. Quand 81 % des Français plébiscitent les lois de 2004, de 2010 et de 2014, les ordres du gouvernement allant à leur encontre sonnent comme une véritable provocation, sinon le glas.

Sous le grondement de la pression islamique, toutes les digues sont donc en train de céder. Pour preuve encore, la réaction d’Esther Benbassa, sénatrice tri-nationale – française, turque et israélienne – à propos d’une touriste du Golfe drapée dans une burqa, aimablement évincée lors de la représentation de La Traviata, donnée à l’Opéra Bastille, ce 3 octobre. L’établissement aurait suivi la loi de 2010 – « de manière bien tatillonne ». La tri-nationalité d’une sénatrice l’autoriserait-elle à faire prévaloir les us et coutumes en vigueur dans l’un de ses pays d’origine ? Qui plus est concernant la Turquie, un pays dirigé par un islamo-conservateur notoire ? Bi ou tri-nationalité n’entraînent-elles pas des conflits d’intérêts majeurs qui devraient amener à exiger la démission des personnes incriminées ?

L’acharnement de ces élues – une ministre franco-marocaine et une sénatrice française, turque et israélienne à l’encontre des lois pourtant votées par la France et l’Europe – est inversement proportionnel à l’intérêt qu’elles portent à l’intolérance et aux discriminations dans l’un ou l’autre de leurs pays d’origine.

Le sort de monsieur Al Biladi, Marocain, ex-musulman, converti au christianisme (et qui risque 3 ans de prison, selon le Code pénal marocain) et condamné – par dénonciation – en septembre 2014, en première instance, à deux ans et demi de prison parce que soupçonné d’avoir « ébranlé la foi d’un musulman », préoccupe fort peu notre ministre franco-marocaine. Qu’une ministre de la Famille et de la Femme, en Turquie, qualifie l’homosexualité de « maladie devant être soignée » ne parle pas davantage à notre sénatrice turque ayant promu le mariage gay en France.

Alors, aujourd’hui, nous devons nous asseoir à côté de voiles, de burqas et, pourquoi pas, de barbus en kamis. Mais si, demain, voiles, burqas et autres kamis… ne voulaient plus s’asseoir à côté de nous ? That is the question.

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