Cyril, rescapé du Bataclan, veut « tous les tuer »

Ancien chef d'entreprise
 

Hospitalisé depuis le 13 novembre, après avoir vécu l’enfer sur terre au Bataclan, un mois plus tard, depuis son lit d’hôpital, au micro de Mélanie Gomez, journaliste Santé à Europe 1, Cyril raconte et se confie. Aux antipodes d’autres récits.

L’effroyable vacarme des tirs de kalachnikov des « islamistes » rigolards, le silence terrifiant des morts mais aussi celui des blessés, la vue de membres arrachés – une dame perdra ses deux mains – les bouts de chair qui tombent sur lui quand l’un des terroristes se fait exploser. L’attente, terrible, interminable des secours, deux heures plus tard, avec la conviction, le temps passant, que leur dernière heure, pour lui et pour les autres survivants, était arrivée. Cyril, non seulement trouvera la force de se garrotter mais aidera son voisin, près de lui, à limiter son hémorragie ventrale en lui enjoignant de se coller contre lui. Toujours en soins depuis cette macabre soirée, les médecins sont cependant confiants : avec au minimum trois autres interventions, d’ici six mois, Cyril pourra remarcher.

Regarder les informations ? Il n’en a pas la force, ça le remue trop, d’ailleurs, il n’a pas demandé la télé. Comment envisage-t-il l’avenir ? Il espère retravailler, « continuer comme avant ou faire autre chose » , comme… « de monter une armée pour tous les tuer ».

En voilà, des propos politiquement incorrects ! Comment, Cyril, devenu handicapé, laisser libre cours à sa colère, émettre l’idée que plus jamais, à cause d’islamistes – terme martelé – ne soient pratiquées des amputations par dizaines, ne se trouvent plus jamais une soixantaine de personnes à passer Noël dans leur lit d’hôpital, ni huit autres toujours sous haute surveillance ?

Cyril ? il nous fait penser au docteur Dandieu, héros du film Le Vieux fusil. Des barbares ont violé, torturé, assassiné sa femme et sa fille de la plus atroce façon, que se dit-il ? Qu’ils n’auront pas sa haine, qu’il ne faut pas faire leur jeu ni tomber dans leur piège, aux nazis, parce que les Allemands ne sont pas tous comme cela ? Il pense aussitôt à surtout pas « d’amalgames » , que tuer pour se venger, ce n’est pas bien ?

Comment prend-il le spectacle des corps aimés calcinés, hein ? Il prend son fusil et dézingue, à un un, les bourreaux qui s’en sont pris à sa famille.

Chagrin étouffé, colère rentrée, détermination glaciale, c’est cela ou quelque chose d’approchant que doit ressentir Cyril, six centimètres de tibia en moins. Quand d’autres déposent des bougies ou écrivent des niaiseries comme « Faites l’amour pas la guerre » , lui, il n’a « pas envie que ça recommence ». C’est aussi simplement humain que cela.

Parce qu’il vient de pâtir des plus vils côtés de la nature humaine, en son âme et conscience, il sait bien, ce jeune homme, que le mal ne se combattra pas en continuant de s’amuser, à « (…) consommer (…) », comme le susurrait le Manuel Valls.

La jeunesse est à l’image de la France : coupée en deux. L’une, autant écervelée que décervelée, gnan-gnan, et l’autre, responsable, consciente du danger, tenant des propos à la virilité revigorante. Ça change !

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