Editoriaux - 7 août 2018

Cahuzac aurait mieux fait d’aller exercer dans une mission humanitaire

La presse professionnelle médicale nous apprend que les déserts médicaux ne sont pas réservés aux régions rurales, et que Paris présente aussi des problèmes de démographie médicale. En quelques années, la capitale a perdu 25 % de ses généralistes. Dans le même temps, on apprend que le docteur Cahuzac, ancien ministre du Budget, est parti faire un remplacement en Guyane. On peut comprendre qu’il ait préféré s’éloigner de Paris pour effectuer un retour en milieu professionnel plutôt que briguer un poste de remplaçant, ou une nouvelle installation, dans un quartier parisien, ce qui n’eût pas manqué de défrayer la chronique.

Mais cette information n’a cependant pas échappé à certains confrères, pour qui le fait d’avoir été condamné en mai dernier à quatre ans de prison dont deux ferme, et 300.000 € d’amende pour fraude fiscale, blanchiment de fraude fiscale et fausse déclaration de patrimoine, est une raison suffisante pour empêcher le docteur Cahuzac de reprendre toute activité médicale.

Ce dernier a cependant été condamné en 2014 par l’ordre des médecins à six mois de suspension d’exercer, dont trois avec sursis.

L’ordre des médecins n’a pas pour mission de se substituer aux juges du civil ou du pénal. Cette affaire ne relève pas d’une faute professionnelle stricto sensu, mais peut cependant porter atteinte à l’honorabilité de la profession et justifier, à ce titre, une condamnation.

Faut-il pour autant, comme le demandent certains médecins, condamner Jérôme Cahuzac à ne plus pouvoir exercer de manière définitive sous prétexte que son casier judiciaire n’est plus vierge ? Il pourrait s’agir là d’un abus de pouvoir, car l’Ordre, dans ses jugements, retient surtout le préjudice que le praticien peut faire subir à ses malades, ou à la profession, pour étayer ses décisions.

Peut-être que le docteur Cahuzac a ressenti le besoin de se refaire une virginité en allant exercer au fin fond de la forêt amazonienne, loin du milieu parisien. On ne peut le lui reprocher. Mais pourquoi, dans ce cas-là, n’a-t-il pas choisi d’aller exercer comme médecin bénévole dans une mission humanitaire plutôt que comme un remplaçant rémunéré ? Cela eût été vraisemblablement beaucoup mieux perçu par l’opinion publique et par ses confrères.

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