Et maintenant, dans le cadre du Festival, un défilé de burkinis sur la Croisette !

Ecrivain, musicienne, plasticienne
 

Quand on le voit, on se sent prêt à l’entarter, tellement il ressemble à BHL. En plus souriant, il faut lui concéder cela, mais Rachid Nekkaz s’offre la même tignasse au vent sur ses cols ouverts, et un culot à la hauteur de son aîné.

Nekkaz est un homme de coups, et semblable, là encore, à BHL, de coups « foireux ». Disposant toutefois de moins d’entregent, il ne se prend pas encore pour un chef de guerre, mais qui peut dire où il en sera dans 24 ans (les années qui les séparent) ?

Rachid Nekkaz, « homme d’affaires » riche à millions, est né en banlieue parisienne, dans une cité de Choisy-le-Roi. Parents algériens illettrés, neuf frères et sœurs, études d’histoire et de philo à la Sorbonne, fondateur d’une start-up qu’il revend à prix d’or, il s’est après lancé dans l’immobilier. Bref, un vrai « parcours de réussite », comme on dit chez Macron, alors tout cela lui a donné des envies de carrière politique. Il a donc fondé le « Parti Rachid Nekkaz », devenu le « Rassemblement social-démocrate », avec pour objectif de « lutter contre l’islamophobie ».

Nekkaz veut se présenter à la présidentielle de 2007, puis il essaie les primaires PS de 2011. D’échec en échec, il échoue à la législative partielle de Villeneuve-sur-Lot, chez Cahuzac, en juin 2013. Il y fait un score à inscrire dans les livres : 0 % des voix. Car même dans les quartiers, celui qui s’est autoproclamé « candidat des banlieues » fait des bides retentissants. Alors, le 14 juillet 2013, supposant que la patrie de ses parents serait plus accueillante, Rachid Nekkaz demande la déchéance de sa nationalité : adieu la France, bonjour l’Algérie ! En ligne de mire, sa candidature à l’élection présidentielle algérienne de 2014.

Là encore, échec sur toute la ligne. Décidément, les électeurs ne veulent pas de lui !

En fait, jusqu’aux collectifs qui contestent la loi de 2011 sur le niqab, personne ne veut entendre parler de Rachid Nekkaz.

Pourtant, cette fameuse loi sur l’interdiction du niqab est devenue son étendard. Car Rachid Nekkaz est l’homme qui paie les amendes de nos Belphégor de banlieue. C’est lui qui signe les chèques et pose avec ses protégées pour la photo à la porte des tribunaux. Il l’assure : il est « contre » le niqab, mais « pour » la liberté des femmes de s’habiller comme elles l’entendent.

Depuis la loi d’octobre 2010, il affirme avoir ainsi réglé pour 230.000 euros d’amendes concernant l’interdiction du niqab. Une goutte d’eau dans l’océan de sa générosité, puisqu’il dit avoir provisionné pour cela un compte d’un million d’euros. À l’en croire, un tiers des femmes dont il a payé l’amende sont des célibataires – donc non dépendantes d’un mari – et la majorité sont des converties.

« Son fonds de commerce, c’est l’image et la communication », confiait l’an passé son ami Moussa Khedimellah (sociologue de l’islam et des quartiers populaires) à L’Express : « Il aurait pu avoir une carrière politique à la Tapie, mais il a préféré utiliser son argent pour éveiller les consciences. » Et d’ajouter : « C’est un amoureux de la France, engagé depuis plus de vingt ans du côté des pauvres. Sa démarche est à la croisée de celles de Coluche et de Stéphane Hessel. » Un saint, donc.

Toujours en quête de notoriété, Rachid Nekkaz est logiquement passé de la défense du niqab à celle du burkini. Et pour commémorer la décision du Conseil d’État du 26 août 2016 annulant les ordonnances municipales interdisant le port de ce « costume de bain » particulier, il vient d’annoncer la tenue d’un rassemblement intitulé « Toutes en burkini sur les plages du Festival de Cannes ». Pour protester contre cette France qui, dit-il, « est devenue une dictature au quotidien, mais uniquement pour les femmes musulmanes » (sic), ses créatures emburkinées défileront durant deux heures près du Palais des Festivals.

Au fait, puisqu’il est algérien, pourquoi Rachid Nekkaz ne fait-il pas son cirque chez Bouteflika ?

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