Editoriaux - Médias - Politique - Santé - 7 septembre 2014

Cachez-moi donc cette vie privée que je ne saurais voir

Quelle hypocrisie, quelles contorsions chez ceux qui, politiques ou journalistes tentent de masquer leurs yeux luisants devant les révélations de l’ex-grande-concubine.

J’admets qu’on prenne la pose et, au pouvoir comme dans l’opposition, qu’on joue les belles âmes. Mais n’exagérons rien : qui peut croire qu’avant la barrière de la vie privée était gardée par un consentement universel, alors qu’elle ne l’était que par la volonté des journalistes qui protégeaient les pouvoirs en place (Cf. l’affaire Mazarine et la discrétion des médias officiels après les révélations de Minute), ou la crainte du tribunal ? Déjà au XVIIIè siècle les libelles contre la Cour, le Roi, ses maîtresses s’agissant de Louis XV, sa femme pour Louis XVI, aussi mensongers souvent que vulgaires, mais parfois aussi aiguisés et pertinents, inondaient Paris et se répandaient ailleurs.

Que signifie d’ailleurs "vie privée" quand il n’y a plus de sphère publique ? Les tenants du mariage homo arguaient d’un besoin de reconnaissance officielle par des "paires" en mal de normalité ; ils revendiquaient l’égalité avec les couples, ceux qui copulent pour se perpétuer. Ce qui implique que sans mariage, il n’y a pas de statut public : tout est vie privée. Corollairement rien ne protège cette vie privée, sans barrière marquant les limites d’intrusion. A preuve, dès le début, le comportement du président et de la grande-concubine : déclarations antérieures même à l’élection, comme « la femme de sa vie« , baiser appuyé en public, confusion des genres avec l’affaire du tweet contre l’ancienne concubine ; toutes choses qu’un statut marital aurait rendues inutiles, indécentes, vulgaires ; et qui ridiculisent la mâle déclaration du président après l’humiliation publique dans Closer : « La vie privée est toujours, à certains moments, un défi. Et elle doit être respectée. (…) Dans ma situation, je n’ai pas le droit de montrer quoique ce soit. (…) Bien sûr quand on est président cela crée des devoirs et des obligations ». Il était temps qu’il s’en aperçoive !

On s’est empressé d’adopter l’expression de "première dame", incongrue dans notre langage et nos institutions, pour officialiser ce qui n’a rien d’officiel. Le statut d’épouse protégeait les anciennes "premières dames", et, si humiliée pût être la femme en elles, leur permettait de sauver la face. Les frasques des maris étaient libertés accordées à leurs responsabilités écrasantes, voire signes de bonne santé. Restes d’une ancienne tradition : l’épouse compagne, mère des héritiers, garante de la légitimité de la lignée ; les concubines repos du guerrier, preuves de la virilité de l’époux dont le prestige rejaillit sur l’épouse. Sans épouse, restent des concubines interchangeables au gré des coups de cœur, nourrissant jalousie et une fois congédiées, rancœur et désir de vengeance. Reste un roi victime de ses propres contradictions, réduit à démentir misérablement ; tous aujourd’hui voient, comme l’enfant, que « le roi est nu » et beaucoup qui avaient succombé à l’éloquence du candidat : « Moi Président … je serai sans tache et donnerai l’exemple », redisent, la honte au front, ces vers venus de leur enfance : « Le Corbeau, honteux et confus/Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus ».

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