Burkini : mais que fait encore Manuel Valls dans cette galère ?

 

C’est la question qui vient à l’esprit en observant l’issue (provisoire) de cet été burkini et le délitement de la majorité jusqu’au sein du gouvernement.

Le Premier ministre avait eu le courage, au cœur de la polémique sur le burkini, de soutenir les arrêtés des maires désireux de limiter ce nouveau défi d’un islam arrogant. Et il l’avait fait dans la clarté, en soulignant que le burkini était un signe d’affirmation politico-religieuse inacceptable, notamment par rapport à notre conception de la femme.

Peine perdue. Le Conseil d’État vient de lui donner tort en annulant l’arrêté du maire de Villeneuve-Loubet. Mais, plus grave pour le chef du gouvernement, son autorité a été défiée toute la semaine par un quarteron de ministres en mal de notoriété. C’est qu’au gouvernement, l’heure est désormais à la gestion de sa fin de carrière et à la préparation de l’après. Passons sur les caprices de mesdames Touraine, Lemaire et Vallaud-Belkacem. Le burkini était visiblement très tendance chez la gent féminine gouvernementale. On ne sait jamais, ça peut toujours servir un jour ou l’autre, électoralement. D’ailleurs, il paraît que Mme Vallaud-Belkacem serait poussée par les hollandais à se présenter à la primaire, au cas très probable où le Président serait contraint d’y renoncer par son impopularité. Imaginez : une ancienne ministre de M. Hollande issue de la diversité, franco-marocaine, et ayant soutenu le combat progressiste de certaines femmes pour porter le burkini sur la plage ! Pour une ex-ministre des Droit des femmes, cela serait d’une postmodernité décoiffante !

Mais, plus grave pour M. Valls, son propre ministre de l’Intérieur, cet indéfectible pilier du trio « gravité post-attentats », s’est lui aussi démarqué de la ligne du Premier ministre. Ne parlons pas de M. Hamon (souvenez-vous : le ministre de l’Éducation nationale, ou plutôt des vacances, en poste de juin à fin août 2014 !), qui demande au Président de « mettre un terme à la dérive » de M. Valls ! Que de dérives chez les socialistes…

Pauvre M. Valls… Que fait-il encore dans cette galère ? A-t-il envie d’être jusqu’au bout le pilote de ce pédalo dont le naufrage ne fait plus aucun doute ? N’a-t-il pas compris que survivre politiquement, désormais, passe obligatoirement par une rupture avec M. Hollande ?

La polémique sur le burkini lui en donne l’occasion : désavoué par ses ministres, peu soutenu par le Président, qui compte bien l’utiliser comme son dernier fusible avant le court-circuit final d’avril prochain, il partirait en héraut de la nouvelle gauche, lucide et intraitable sur la question de l’islamisation. Il ringardiserait immédiatement M. Macron, qui n’a pas su partir à temps, et dont on ne connaît d’ailleurs pas l’avis sur cette question. Et il partirait sur une question qui, n’en déplaise à M. Montebourg, n’a rien de « subalterne ». Et, cerise sur le gâteau, il prendrait à témoin les 65 % de Français favorables à l’interdiction du burkini et qui considèrent la décision du Conseil d’État comme une honte pour la France.

M. Valls, osez la cohérence, osez le courage, osez la démission !

POUR ALLER PLUS LOIN