Bruno Solo au service de la PMA et de la GPA chez Ardisson

Il est de bon ton, dans la caste médiatique, de se croire ouvert d’esprit, tolérant, capable de discuter et d’échanger sur tous les sujets, plus encore en ce moment où, officiellement, nous sommes en débat sur la révision des lois de bioéthique. Il est tout autant de bon ton d’organiser des échanges médiatiques papelards, simulacres de réflexion au service d’une propagande qui ne se cache même plus.

La PMA est dans les tuyaux, plus personne n’en doute. La GPA arrive, comme nous l’évoquions sans lésiner lors du « mariage pour tous », et tout ceci bien plus vite que prévu. En réalité, on instaure le droit inaliénable à l’enfant et le business des sperme, ovocytes, gestations et nourrissons. L’ère à venir s’annonce effrayante, portée par le « camp du bien » concentré à appliquer son programme, laissant bien peu de place aux voix discordantes.

On ne se plaindra pas qu’une personne comme Marianne Durano, auteur du livre Mon corps ne vous appartient pas, ait accepté d’aller au casse-pipe le 3 février dernier à l’émission « Salut les Terriens ». Notre génération sait combien ces shows télévisés sont cousus de fil blanc et que, derrière une prétendue pluralité d’opinions, on fabrique des séquences que les commentateurs avertis sélectionneront soigneusement. Certaines de ces opinions sont pourtant confrontées à un dilemme : s’exclure du champ médiatique tant il est vérolé, ou y aller, sachant pertinemment le risque encouru de se voir isolé, assailli, déformé, entaché et soumis aux opprobres de médias enclins à rester dans le bon camp. Une machinerie infernale que nous ne sommes pas tous prêts à affronter.

On ne se plaindra pas, non plus, que des femmes se mobilisent sur ces sujets. Des femmes parfois jeunes mais non moins averties, dubitatives ou vindicatives face aux « acquis » de la génération supposée féministes qui les précède, et aux perspectives chatoyantes de leur exploitation de demain. Leur parole sera mieux écoutée, moins diabolisée, moins piétinée bien que plus insupportable que la nôtre. Marianne Durano a, en tout cas, fourni de la matière à l’occasion de l’émission de Thierry Ardisson, dont on sait que la séquence diffusée n’est que parcellaire, puisqu’elle-même dit avoir parlé de bien d’autres choses.

C’est sans surprise que « Salut les Terriens » n’a pas jugé utile de mettre en avant ses raisonnements sur le droit à l’enfant. Ils auront préféré qu’on écoutât Bruno Solo déversant sa garbure compatissante sur le désir tellement intense (qu’il en est incontrôlable) d’avoir un enfant. « Deux hommes qui veulent un enfant, comment leur nier cette envie ? », s’exclame-t-il. Puis il enchaîne : « Des femmes en sont mortes intérieurement. » Hormis une plaidoirie sentimentale dégoulinante, la réflexion s’arrêtera là : applaudissements. Bruno Solo se fiche bien de savoir si acheter un enfant peut poser problème, qu’un contrat régisse la « commande » d’un bébé, et la « livraison » de celui-ci, qu’il faille un SAV suivant « la qualité de la livraison » et que, finalement, les desiderata d’adultes incapables de raisonner leurs envies impacte directement dans sa chair un autre être humain.

L’expression du moi capricieux à son sommet prend les commandes d’une médecine « prestataire de services », comme le lui a rappelé son interlocutrice. Tout son discours relève du prémâché, et l’acteur le sait ; mais pourquoi s’en priverait-il puisqu’il a le bon rôle ? Les arguments ont beau être éculés, ce sont les seuls pour défendre l’indéfendable business des enfants.

Le Huffington Post, sans modération, reprendra la séquence en titrant « La réponse engagée de Bruno Solo face à une anti-PMA dans “Salut les terriens” ». Il aurait pu titrer « Marianne Durano, bien seule pour contester le droit à l’enfant », mais la pluralité des opinions a quelques limites. Le « débat » est au service de « la cause », et en ce moment, il s’agit de la PMA et de la GPA. Business is business.

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