Editoriaux - People - Politique - 16 février 2019

Brigitte Macron, exfiltrée de l’Élysée par Stéphane Bern, lance un appel à la réconciliation

Certains étrangers, au vu des nombreuses photos de ce couple complice, prenaient Stéphane Bern pour le mari de Brigitte Macron et, accessoirement, pour le président de la République. Ils nourriront encore quelques doutes après les reportages sur la dernière sortie de ces deux people, vendredi, à Bar-le-Duc, pour remettre un chèque de 358.000 euros du Loto du patrimoine à des bénévoles restaurant un théâtre centenaire menacé.

Car ce qui réunit Stéphane Bern et Brigitte Macron, c’est le patrimoine, la culture, et pour une si belle cause, ils sont prêts à tout surmonter, tout transcender. Comme dans tous les vrais couples quand l’essentiel est en jeu. Certes, la relation a été tumultueuse quand Stéphane Bern a crié à la trahison lorsque son bébé – le Loto du patrimoine – était menacé par Bercy.

Mais avec la crise des gilets jaunes, une réconciliation s’imposait : leur passion (pour le patrimoine) fut donc la plus forte et ils l’ont réaffirmé à la face de la nation hier. Réconciliation : le maître mot de la première dame vendredi.

« Je pense qu’il faut qu’on se parle, qu’on se réconcilie, parce que, franchement, on a tout à faire ensemble, j’en suis persuadée. »

La phrase, au-delà de son jargon  » thérapie de couples  » ou « comment parler avec son ado en crise », a le mérite de dire qu’il y a eu brouille, grosse brouille même, voire embrouille. Voire guerre… Réconciliation, comme après une guerre civile ? Il est vrai qu’il y a eu des morts, des blessés, des arrestations. Et ce n’était pas du théâtre, comme à Bar-le-Duc. Mais est-il vraiment fini, d’ailleurs, cet affrontement ?

Avec Ingrid Levavasseur, le mouvement des gilets jaunes et la Macronie semblaient avoir adopté des références au monde arthurien : après les coups, les morts, les blessés, le roi menacé, l’épopée, quoi, on était passé à la trahison, aux renversements, aux sortilèges des mots magiques : le débat, le grand débat, le saint débat.

La première dame, bonne fée, a ajouté un autre mot magique : bonheur.

« Il faut qu’on soit fier parce qu’on a absolument tout : on a un pays qui est beau, qui a une culture incroyable, qui a une humanité incroyable, qui sait aussi être généreux envers l’autre. […] Je voyage beaucoup et à chaque fois que je rentre, je me dis: le bonheur est là où je suis. »

« Le bonheur est là où je suis »… Quel charme, quel enchantement dans cet octosyllabe et dans ce bonheur du retour chez soi, façon du Bellay. Quel soulagement, aussi, après toutes ces semaines où le couple présidentiel fut privé de sorties

Sur les Français et le Président, justement ? Encore du bonheur ! « C’est ce qu’ils me disent dans la rue tous les jours, ils sont très heureux de le voir près d’eux. C’est ce que je ressens de manière empirique. »

Soyons honnête. Brigitte Macron a nuancé ce « bonheur » dans lequel nageraient les Français en voyant leur Président : « Ce n’est pas un bonheur parfait, il y a beaucoup de choses à faire, c’est certain, mais il ne faut pas le perdre de vue. »

Brigitte Macron doit être une passionnée de la légende arthurienne dont elle a dû faire goûter les beautés à ses élèves : Stéphane Bern confiait, fin janvier, à l’AFP qu’elle l’avait surnommé « le chevalier Lancelot ». Stéphane Bern en Lancelot ? Et Brigitte en Guenièvre ? Je serais le roi, je m’inquiéterais. Quand la communication aura rallumé toutes les lumières à l’Élysée, il faudra peut-être leur dire d’arrêter les références monarchico-chevaleresques un peu trop voyantes. Les gilets jaunes pourraient voir rouge.

Mais, pour le moment, le chevalier a réussi à exfiltrer la reine du donjon assiégé. Et le bonheur est partout là où elle est… Alors, que demande le peuple ?

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