Les Suisses votent pour des quotas d’immigration

Le 9 février 2014

ZURICH (Reuters) – Les Suisses ont voté de justesse dimanche en faveur de la réintroduction de quotas d’immigration avec l’Union européenne, rapporte la télévision suisse.

Au cours de cette « votation », l’idée a été approuvée par 50,3% des électeurs et a également été adoptée avec la majorité nécessaire dans plus de la moitié des 26 cantons.

Ce résultat oblige le gouvernement à transformer cette initiative en loi dans un délai de trois ans.

Le texte « contre l’immigration de masse » était défendu par l’Union démocratique du centre (UDC), un parti de droite, mais dénoncé par les milieux d’affaires et les entreprises soucieux d’attirer une main d’oeuvre hautement qualifiée.

« C’est un tournant, un changement de système, avec des conséquences considérables pour la Suisse », a déclaré à la presse la ministre de la Justice Simonetta Sommaruga.

A Bruxelles, la Commission européenne a dit « regretter » que le « oui » aux quotas l’ait emporté. « Ceci va à l’encontre du principe de libre circulation des personnes entre l’Union européenne et la Suisse », déclare la CE dans un communiqué.

Elle indique qu’elle « examinera les implications de cette initiative sur l’ensemble des relations entre l’UE et la Suisse » mais qu’elle tiendra compte de la position du gouvernement qui avait recommandé de voter « non ».

AVANTAGES ÉCONOMIQUES

« Pour nous, les relations entre l’UE et la Suisse sont un tout », a pour sa part déclaré le député européen du Parti social-démocrate d’Autriche (SPÖ) Hannes Swoboda. « Si la Suisse suspend l’immigration en provenance de l’UE, elle ne pourra pas compter sur tous les avantages économiques et commerciaux dont elle bénéficie actuellement. »

L’association des banques suisses a appelé à des discussions « constructives d’urgence » avec l’UE dans un message sur Twitter.

Le regard de la population helvétique sur la question de l’immigration a changé avec un récent afflux d’immigrés – ils sont 70.000 en moyenne à arriver chaque année sur le sol suisse. On les rend responsables de l’augmentation des loyers, de l’encombrement des transports ou de la hausse de la délinquance.

Les étrangers représentent 23% de la population de ce pays de huit millions d’habitants, soit le deuxième ratio le plus élevé du continent après le Luxembourg.

Environ 40% des nouvelles entreprises en Suisse sont créées par des étrangers, selon les chiffres de l’institut d’analyse Orell Füssli Wirtschaftsinformationen. En 2013, ces entreprises ont créé 30.000 emplois.

Les étrangers sont aussi de gros consommateurs. Environ un quart de la progression de la consommation des ménages depuis 2008 est due aux immigrés.

Le système suisse de démocratie directe permet jusqu’à quatre référendums d’initiative populaire par an au niveau national.

L’an dernier, les Suisses ont rejeté une proposition de plafonnement des salaires des dirigeants d’entreprises à 12 fois le salaire le plus bas versé dans la société qui les emploie.

En 2009, les électeurs ont dit oui à un arrêt de la construction des minarets, contre l’avis du gouvernement. En 2010, ils ont voté pour l’expulsion automatique des étrangers reconnus coupables de crimes graves.

Alice Baghdjian, Albert Schmieder et Caroline Copley; Simon Carraud, Guy Kerivel et Danielle Rouquié pour le service français

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