Les fonctionnaires dans la rue pour leurs salaires

PARIS (Reuters) – Des milliers de fonctionnaires manifestent jeudi en France pour dénoncer le gel de leurs salaires, réclamer l’ouverture immédiate de négociations salariales et s’opposer à ce qu’ils considèrent être une politique d’austérité.

Dans une rare unité, sept fédérations (CFDT, CGT, CFTC, FSU, Solidaires, Unsa, FA-FP (Autonomes), rejointes par Force Ouvrière qui défend ses propres revendications, défilent ensemble dans environ 110 villes.

Des perturbations sont attendues dans les écoles, les crèches, et dans une moindre mesure dans certains transports.

L’appel à la mobilisation vise plus de 5 millions d’agents des trois secteurs de la fonction publique (territoriale, hospitalière et fonction publique d’Etat).

La ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, a exclu de faire un geste tant que la croissance sera en panne.

« Nous ne pourrons faire de geste que le jour où la croissance redémarrera dans notre pays. Elle est nulle. En croissance zéro, il n’y aura pas de revoyure », a-t-elle dit jeudi sur France Info.

La croissance de la France a été nulle au premier trimestre, selon l’Insee, fragilisant les espoirs de « retournement » du gouvernement, qui continue à tabler sur 1% de croissance en 2014.

La principale revendication des syndicats est la revalorisation immédiate du point d’indice dont le gel a été confirmé jusqu’en 2017 par le Premier ministre Manuel Valls dans le cadre de son plan d’économie de 50 milliards d’euros.

Or, la dernière augmentation générale du point d’indice de 0,5% remonte à 2010, ce qui a provoqué une détérioration du pouvoir d’achat en raison de l’inflation, et les fonctionnaires expriment leur ras-le-bol d’être les otages de la crise.

« L’INSEE NOUS DONNE RAISON »

Ils dénoncent également l’austérité dans son ensemble, notamment les non remplacements de départs à la retraite réalisés pour préserver des ministères considérés comme « prioritaires » (Justice, Police et Éducation).

« Nous ne pouvons pas nous contenter d’un discours bienveillant sur la fonction publique », déclare Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, dans Les Echos lundi.

« L’Insee nous donne raison: il a montré que les fonctionnaires ont subi une baisse de leur pouvoir d’achat en 2011 et 2012 », explique-t-elle.

« La politique salariale de ce gouvernement, la CFDT n’en veut plus ! », s’exclame sur le site du syndicat Brigitte Jumel, secrétaire générale de l’Union fédérale des fonctionnaires et assimilés, qui évoque une « inquiétude grandissante » devant le manque de visibilité de la politique gouvernementale.

Dans la matinée, près de 2.000 fonctionnaires ont manifesté à Strasbourg derrière une banderole unitaire sur laquelle était écrit : « Salaire des fonctionnaires, le compte n’y est pas ».

Les manifestants étaient environ 2.500 au même moment à Nantes. « On n’est pas contre la maîtrise des dépenses publiques, mais à un moment donné ça ne devient plus tenable », a dit Franck Truong, secrétaire départemental de la CFDT en Loire-Atlantique.

A Lyon, les syndicats ont revendiqué 5.000 manifestants, mais la police n’en a compté que 2.700. Dans le cortège, de nombreux fonctionnaires territoriaux et enseignants, comme Nathalie, professeur des écoles. « Le pouvoir d’achat des enseignants et des fonctionnaires en général est en recul depuis plusieurs années, nous atteignons maintenant un point critique » explique cette institutrice de 42 ans.

A Paris, le cortège devait s’ébranler en début d’après-midi place Denfert-Rochereau pour se rendre aux Invalides, en présence de la plupart des dirigeants syndicaux.

(Gérard Bon, avec Service France, édité par Yves Clarisse)

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