Le Medef s’interroge sur l’ampleur des annonces de Hollande

PARIS (Reuters) – Le Medef a salué mercredi les annonces de François Hollande sur la baisse des charges pour les entreprises mais s’interroge sur leur ampleur et refuse l’idée d’engagements écrits en échange d’une réduction du coût du travail.

Le président de l’organisation patronale, Pierre Gattaz, qui demande une baisse de 100 milliards d’euros des prélèvements sur les entreprises, s’est montré lors d’une conférence de presse déçu par l’hypothèse que la promesse du chef de l’Etat ne porte finalement que sur une dizaine de milliards d’euros.

François Hollande a annoncé mardi une nouvelle baisse du coût du travail, avec la fin en 2017 du financement de la protection famille par les entreprises, soit 30 à 35 milliards d’euros.

Mais cette baisse pourrait passer par la transformation du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), d’un montant de 20 milliards d’euros en 2015.

Il a par ailleurs promis un effort de 50 milliards d’euros sur les dépenses de 2015 à 2017 pour réduire les déficits publics et baisser à terme les prélèvements.

« Nous sommes favorables à ce discours qui montre une inflexion forte dans la direction de retrouver la compétitivité de nos entreprises pour la création d’emplois », a dit Pierre Gattaz, lors de sa conférence de presse mensuelle.

Cependant « quelle est l’ampleur des réformes structurelles annoncées ? Nous avons besoin de clarification car nous ne savons pas si nous sommes partis pour monter l’Everest, à 8.800 mètres d’altitude, ou si c’est seulement la Butte aux cailles, à 63 mètres », a-t-il ajouté.

« En fonction de l’ampleur des réformes structurelles et de l’ambition notamment sur la baisse des dépenses publiques (…) nous pourrons créer plus ou moins d’emplois », a ajouté le dirigeant patronal, qui a promis un million d’emplois supplémentaires en quelques années en échange d’une baisse de 100 milliards d’euros des prélèvements sur les entreprises.

Il s’est interrogé sur le montant final de la baisse du coût du travail promise par François Hollande, si les 20 milliards du CICE venaient en déduction des 30 à 35 milliards des cotisations familles payées par les entreprises.

« Donc le gain de tout ça, c’est 10 milliards », s’est inquiété Pierre Gattaz, déplorant « une baisse de l’ordre de 10 milliards seulement alors qu’on cherche 80 ».

« Si nous restons sur la mathématique présentée hier, c’est la Butte aux cailles (…). Si nous voulons monter l’Everest, il faut aller bien au delà de cette réforme là. »

Quant à l’idée d’avoir des engagements d’embauches écrits en échange d’une baisse du coût du travail, « je ne suis pas d’accord pour avoir des engagements juridiques écrits », a dit Pierre Gattaz, jugeant que ce n’était « pas possible ».

Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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