La DGSE aurait un accès total aux réseaux d’Orange

PARIS (Reuters) – Les services de renseignement français disposent depuis des décennies d’un « accès total, indiscriminé et hors de tout contrôle » aux réseaux d’Orange et aux flux de données qui y transitent, écrit jeudi Le Monde.

Le quotidien s’appuie sur un document des services secrets techniques britanniques (GCHQ) extrait des archives de la NSA par Edward Snowden et qui cite un opérateur de télécommunication français, sans préciser lequel.

Selon Le Monde, il s’agit d’Orange mais d’autres opérateurs français seraient également concernés.

Interrogé par Reuters, l’opérateur affirme que la coopération avec les services de l’Etat s’effectue en toute légalité.

« Orange, comme tous les opérateurs, a des relations avec les services de l’Etat en charge de la sécurité et des Français. Ces relations se font dans le strict respect des lois et en toute légalité, sous la responsabilité de l’Etat et du contrôle des juges », a déclaré un porte-parole.

En novembre dernier, le PDG d’Orange, Stéphane Richard, avait déclaré que la société voulait être exemplaire en matière de protection des données de ses clients, ce qu’il avait présenté comme une des priorités du groupe.

Les services du Premier ministre n’ont pas souhaité commenter les moyens techniques employés pour les interceptions, soulignant qu’ils « sont couverts par le secret de la défense nationale ».

Selon le document de la GCHQ, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) et l’opérateur historique français, dont l’Etat possède toujours 27%, « travaillent ensemble pour améliorer les capacités nationales d’interception sur les réseaux de communication et collaborent pour casser les cryptages de données qui circulent dans les réseaux ».

DONNÉES PARTAGÉES AVEC LES ALLIÉS

La collecte « libre de tout contrôle » concerne aussi bien des Français que des étrangers car les données « sont partagées avec des alliés étrangers comme le GCHQ », affirme Le Monde.

Cette coopération entre la DGSE et Orange serait portée par des personnes habilitées secret-défense au sein de l’opérateur et pérennisée depuis au moins 30 ans par des ingénieurs qui feraient la navette entre les deux institutions.

Les interceptions sont strictement encadrées par la loi du 10 juillet 1991 et concernent seulement certains cas relatifs à la lutte contre le terrorisme et à la criminalité organisée, souligne Matignon. Cette procédure se fait sur autorisation du Premier ministre après le contrôle a priori de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS) pour une durée limitée de quatre mois et sur la base d’une demande motivée, ajoute-t-on.

Le parlement français a adopté fin 2013 la loi de programmation militaire malgré les protestations de nombreuses organisations de défense de droits de l’homme.

L’article 20 de cette loi autorise en effet la surveillance des communications téléphoniques et internet en temps réel, sans intervention d’un juge, dans des domaines qui vont bien au-delà de la sécurité, souligne Reporters sans frontières (RSF).

Les révélations faites à partir des documents volés par Edward Snowden lorsqu’il travaillait pour un prestataire de la NSA ont été à partir de juin 2013 à l’origine d’un scandale à travers le monde qui impliquait, outre la NSA, les services de renseignement britanniques.

Inculpé aux Etat-Unis, Edward Snowden s’est réfugié en Russie en juin 2013.

(Gérard Bon, avec Elizabeth Pineau édité par Yves Clarisse)

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