Haïti: élections présidentielle et législatives le 24 janvier

Le second tour de l’élection présidentielle et les élections législatives vont se tenir en Haïti le 24 janvier, selon le décret présidentiel publié mercredi soir, après que ces scrutins aient été reportés en raison de la fronde de l’opposition.

Au premier tour du scrutin présidentiel, le 25 octobre 2015, le candidat du pouvoir Jovenel Moïse avait recueilli 32,76% des voix, contre 25,29% pour Jude Célestin.

Depuis l’annonce de ces résultats, l’opposition haïtienne n’a cessé de dénoncer des fraudes massives au profit de M. Moïse.

Pour cette raison, le conseil électoral provisoire (CEP) avait décidé de reporter le second tour du scrutin présidentiel et les législatives partielles, originellement prévus le 27 décembre.

La publication mercredi soir du décret officialisant le nouveau calendrier électoral, signé par le président Michel Martelly et l’ensemble de ses ministres, intervient quatre jours après que la commission indépendante d’évaluation électorale ait émis un rapport cinglant contre le CEP.

Après étude d’un échantillon de procès verbaux des scrutins du 25 octobre, la commission a conclu que les élections du 25 octobre ont été « entachées d’irrégularités ».

Lors d’entretiens avec les membres de la commission, le CEP a reconnu la faiblesse de sa préparation: « l’institution électorale admet que plus de 60% des membres de bureaux de vote n’étaient pas capables d’accomplir correctement le travail demandé », indique le rapport.

Le CEP dispose désormais de 17 jours pour faire en sorte que les faiblesses qui ont entaché la précédente journée de vote ne se renouvellent pas le 24 janvier.

L’administration électorale est dans une situation d’autant plus délicate que l’un des neufs conseillers électoraux a remis mercredi sa démission au président de la République.

Dans un peu plus de deux semaines, les 5.8 millions d’électeurs haïtiens auront donc à choisir qui de Jovenel Moïse ou Jude Célestin succédera à Michel Martelly. Les citoyens vont aussi voter pour élire leurs députés et sénateurs.

Le décret présidentiel, publié ce mercredi, précise toutefois que les élections pour les assemblées locales et départementales, initialement prévues le 27 décembre, « seront tenues aux dates fixées par le conseil électoral provisoire ».

L’incertitude demeure quant à la réaction du candidat de l’opposition : qualifiant les résultats du premier tour de « farce ridicule », Jude Célestin a jusqu’ici refusé de faire campagne.

Ce climat de défiance entre l’administration électorale et l’opposition n’est pas idéal pour la préparation des scrutins du 24 janvier mais Haïti ne peut davantage repousser cette échéance électorale : la passation de pouvoir entre Michel Martelly et son successeur est prévue, selon la constitution, pour le 7 février.

La mobilisation citoyenne est également un défi qui se présente au CEP et aux candidats : lors du premier tour du scrutin, seuls 26% des électeurs avaient voté.

Depuis la fin de la dictature des Duvalier en 1986, Haïti connaît une crise démocratique émaillée de coups d’Etat et d’élections contestées qui fragilisent le développement économique du pays, encore marqué par le terrible séisme de janvier 2010 qui a fait plus de 200.000 morts.

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