Feu vert aux liaisons LGV du grand Sud-Ouest

 

PARIS (Reuters) – Le ministre des Transports a donné mercredi son feu vert à la construction des lignes à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax, cette dernière préfigurant la création d’une liaison avec l’Espagne.

Frédéric Cuvillier a indiqué que la première, qui viendra compléter le tronçon LGV Tours-Bordeaux en construction, devrait être mise en service en 2024 et la seconde en 2027.

Ce calendrier s’inscrit dans le cadre d’une « programmation réaliste et soutenable d’un point de vue financier », a-t-il souligné dans un communiqué.

Depuis longtemps dans les cartons, la liaison TGV Bordeaux-Toulouse avait été prévue à l’origine à l’horizon 2017.

Un rapport remis en juin dernier au ministre des Transports recommandait son report à 2030 alors que le gouvernement revoyait en baisse, faute de moyens, l’ambitieux plan de lignes à grande vitesse du Grenelle de l’Environnement organisé sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Frédéric Cuvillier indique que le gouvernement s’est fixé comme référence « un scénario, ambitieux et responsable, reposant sur l’engagement de 30 milliards d’euros de grands travaux d’ici 2030 pour accélérer le traitement des noeuds ferroviaires, lancer la réalisation d’un nombre important des grands projets ou développer les liaisons entre les territoires. »

D’où sa décision de procéder en deux phases pour mener à bien ce Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO).

La première liaison mettra Toulouse à 3h10 de Paris, soit un gain de temps d’une heure qui s’ajoutera à celui de 50 minutes permis par la mise en service de la LGV Tours-Bordeaux en 2017, pour un coût estimé à 5,9 milliards d’euros.

PAS DE PARTENARIAT PUBLIC-PRIVÉ

La seconde entre le sud-Gironde et le raccordement nord de Dax, mettra alors Bayonne à 3h25 de Paris, pour un coût de 3,2 milliards d’euros.

Une prolongation vers la frontière espagnole est envisagée au plus tard en 2032.

« Elle fera l’objet d’un approfondissement des études, notamment dans les secteurs à forts enjeux environnementaux », assure le ministère des Transports, alors que le tracé envisagé dans le précédent projet a suscité des tensions au Pays basque.

Dans des interviews à La Dépêche du Midi et à Sud-Ouest, Frédéric Cuvillier indique que le gouvernement mobilisera les moyens de l’Agence de financement des infrastructures de transports de France (Afitf), abondés par la future écotaxe poids lourds, pour financer ces projets.

Il ajoute que les collectivités devront concrétiser les engagements de cofinancement pris en 2009 dans le cadre d’un protocole d’accord, même si celui-ci a été remis depuis en question par les reports successifs des projets, s’agissant notamment de leur contribution à la ligne Tours-Bordeaux.

« Nous avons une année pour arrêter le tour de table avec les collectivités », a dit le ministre.

Dans un communiqué commun, les présidents des régions Aquitaine et Midi-Pyrénées, Alain Rousset et Martin Malvy, se félicitent de la décision du gouvernement et appellent « l’ensemble des collectivités concernées pour qu’elles reprennent le versement de leur part de financement dans le projet de ligne à grande vitesse entre Tours et Bordeaux ».

A la question de savoir si, comme pour la liaison Tours-Bordeaux, un financement par partenariat public-privé peut être envisagé, Frédéric Cuvillier a répondu: « Non, ce n’est pas l’intention du gouvernement.

Nous voulons donner du sens à la politique de transport. C’est l’intérêt de l’infrastructure qui prime. »

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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