Brésil : « L’Amazonie est à nous ! »

Après le premier tour des présidentielles, la candidate Marina Silva, arrivée en troisième position, s’est ralliée à Aécio Neves, compromettant peut-être la réélection de Dilma Rousseff. À ce jour, les sondages donnent les deux finalistes à égalité presque parfaite. Nombreux sont les membres des forces armées brésiliennes (FAB) qui ne seraient pas mécontents de voir la défaite de Rousseff au soir du 26 octobre.

À cela, deux raisons principales : la « Commission nationale de la vérité » et les crédits alloués à la Défense (1,5 % du PIB). Les budgets couvriraient de moins en moins les besoins réels. Le général de réserve Rocha Paiva déclarait ainsi qu’il était « radicalement contre le PT ! » Au sein des FAB, on espérait d’ailleurs qu’un ancien militaire serait candidat à la présidentielle : le général de réserve Augusto Ribeiro Pereira, l’ancien commandant de la MINUSTAH à Haïti, puis chef du commandement militaire d’Amazonie.

Les FAB comptent actuellement 328.000 militaires d’active et constituent la plus importante armée d’Amérique du Sud. Dans le renouveau de la pensée stratégique brésilienne, l’Amazonie est devenue une priorité absolue. Historiquement, les forces armées étaient concentrées dans le Sud et le Sud-Est, surtout autour de Rio de Janeiro. La dixième directive de la Stratégie nationale de défense de 2008 porte tout entière sur l’Amazonie : « Celui qui s’occupe de l’Amazonie brésilienne, au service de l’humanité et de soi-même, c’est le Brésil. »

En Amazonie, comme dans le reste du pays, les FAB cherchent à renforcer la complémentarité des trois composantes terrestre, navale et aérienne. Des manœuvres conjointes, mobilisant 4.000 hommes, ont eu lieu en Amazonie du 10 au 21 octobre, en présence du ministre de la Défense Celso Amorim.

La présence militaire a largement augmenté en Amazonie : en 1950, il n’y avait que 1.000 hommes dans une région plus vaste que l’Union européenne. Aujourd’hui, il y en a 27.000 sous les ordres du commandement militaire d’Amazonie. Vers 2030, l’état-major prévoit le déploiement d’à peu près 40.000 hommes dans cette zone.

Certains observateurs n’hésitent pas à parler de « paranoïa » quand il s’agit de définir l’attitude méfiante des Brésiliens envers toute ingérence sur l’Amazonie. En 2008, la revue Veja publiait une étude montrant que 82,6 % des militaires brésiliens croyaient que l’Amazonie était menacée par une invasion étrangère.

Afin de renforcer la protection des 17.000 km de frontières en temps réel, le programme SISFRON devrait être opérationnel en 2030 pour un coût d’à peu près 4 milliards d’euros. Ce système sera le plus grand projet de surveillance frontalière terrestre de la planète. Les unités opérationnelles auront ainsi la capacité d’intervenir dès la détection des problèmes.

En décembre 2013, Dilma Rousseff avait menacé: « Nous devons être prêts à défendre notre patrimoine dans des régions comme c’est le cas en Amazonie. ». Les éventuels agresseurs sont prévenus !

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