Blocage des universités : les faux étudiants exigent maintenant de faux diplômes

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Que ce soit à Nanterre, à Lyon ou à Marseille, des bloqueurs d’université cherchent à empêcher le déroulement des examens. Les autorités, tant politiques qu’universitaires, par pusillanimité, refusent de faire respecter le droit en laissant faire ces bloqueurs.

On a déjà beaucoup dit que ces bloqueurs sont minoritaires. Il faut dire aussi que ce sont, le plus souvent, de faux étudiants. Inscrits en université pour bénéficier d’une couverture sociale et parfois pour toucher une bourse, ils fréquentent plus les squats que les amphithéâtres, les feuilles entre leurs doigts sont plus souvent celles des joints qu’ils se roulent que celles des livres de la bibliothèque.

Ces étudiants zombis savent bien qu’ils n’ont aucune chance de décrocher un diplôme ; ce n’est, d’ailleurs, pas leur objectif. L’objectif est de profiter le plus longtemps possible de la situation : redoublement, changement de filière, cela peut permettre de tenir quelques années. Mais le blocage assorti de la revendication de la validation automatique des partiels permettrait de gagner encore du temps. Les raisons mises en avant pour légitimer leur action ne sont qu’un prétexte.

Céder à cette revendication enlèverait tout crédit aux diplômes des facultés concernées. C’est ce qui est arrivé au baccalauréat, qui n’a plus, du diplôme universitaire, que le nom. En ce sens, la procédure visant à faire passer les partiels en ligne est salutaire. Elle est un refus de céder au terrorisme de groupuscules qui ne représentent rien.

Ce n’est cependant qu’un pis-aller. Même encadrée de mécanismes de contrôle, de logiciels anti-fraude, tout le monde comprendra que ces examens ne pourront être aussi rigoureux que s’ils étaient passés dans des conditions normales. Le refus du gouvernement de libérer les universités occupées, le refus d’utiliser la force légitime de l’État pour faire respecter le droit des étudiants à des examens sérieux sont un aveu de faiblesse du gouvernement et un affaiblissement supplémentaire pour l’université.

Alors que, dans le monde, les universités sont les pôles d’excellence de la recherche et de la transmission du savoir, en France elles sont devenues le dernier recours des étudiants les moins brillants. Spécialement certaines universités de sciences humaines.

Il ne faut, certes, pas faire reposer l’entière responsabilité de cet état de fait sur le seul gouvernement actuel. Depuis cinquante ans, les gouvernements successifs ont abandonné toute ambition pour l’université. Ils y ont laissé entrer par démagogie un flot d’étudiants n’ayant pas le niveau pour y réussir, prolétariat intellectuel rêvé pour des organisations extrémistes et logomachiques. L’hallucinante conférence de presse de Tolbiac, présidée par un chien, est le résultat de cette politique de plusieurs décennies. L’institution établie au XIIIe siècle par Saint Louis est aujourd’hui mal en point.

La réforme de l’accès à l’université que le ministre de l’Éducation nationale mène est un pas, timide et insuffisant, pour tenter de pallier la chienlit qui s’est installée depuis 1968 dans beaucoup de facultés. Il faudrait, pour qu’il puisse porter des fruits, que l’État ose s’opposer à la violence illégitime et, pour tout dire, fascisante des groupuscules d’extrême gauche. Il faudrait, pour cela, un courage auquel les gouvernements, soumis au politiquement correct depuis bien longtemps, ne nous ont pas habitués.

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