Procès des Hommens : le rôle inquiétant du parquet…

Gérant de société
 

Le 24 juin dernier, lors de l’audition en appel à Paris des quatre Hommens de Roland-Garros, le parquet a requis des peines allant de 12 à 18 mois de prison avec sursis et même 6 mois ferme pour l’un d’entre eux.

Au même moment et dans un autre procès, un autre procureur général déclarait lors de son réquisitoire contre le docteur Bonnemaison : « Votre volonté n’était pas de faire le mal (…) mais pour faire le bien, au regard de la loi, vous avez fait le mal », phrase qui appelait implicitement à la clémence du jury qui a finalement décidé d’acquitter l’accusé. À Paris au contraire, le Parquet a fustigé le comportements des Hommens qui étaient selon lui « des irresponsables qui masquaient leurs visages et n’assumaient pas la conséquences de leurs actes et qu’il fallait par conséquent punir sévèrement »

Rappelons que, dans un cas, le docteur Bonnemaison avait administré, de sa propre initiative et sans prévenir ni les familles ni le personnel médical, des produits à l’origine du décès de sept patients, afin prétendait-il « d’abréger leurs souffrances ».

Dans le cas des Hommens, l’objectif était, selon les auteurs des faits eux-mêmes, de défendre l’intérêt des enfants dans leur droit à avoir un père et une mère, en attirant l’attention de la presse internationale sur le mouvement de contestation de la loi Taubira que la presse française semblait fortement vouloir minimiser. Leur action avait donc consisté à intervenir pendant la finale 2013 de Roland Garros, retransmise devant 300 millions de téléspectateurs :
• en surgissant entre deux balles sur le cours central, visage masqué et torse nu avec une inscription « Kid’s rights » et un fumigène à la main ;
• et en brandissant, fumigènes à la main et visages masqués pour attirer l’attention, une banderole portant l’inscription « Hollande démission », visible depuis l’extérieur sur le court Suzanne Lenglen.

Bien calculée pour troubler le moins possible le déroulé sportif du match, l’action, qui a duré moins de 10 secondes, a rempli son objectif en terme médiatique puisqu’elle a été à l’origine de plus de 10.000 articles dans le monde entier. Quant au masque qu’ils portaient sur leurs visages, il représentait pour les Hommens une manière d’agir non pas en leur nom propre mais au nom de tous et ne constituait en aucune manière une volonté « d’échapper aux conséquences » de leur action, car le fait qu’ils seraient appréhendés ne faisait pour eux aucun doute.

À la suite de cette action, huit Hommens ont été arrêtés et quatre d’entre eux relaxés en raison de vices flagrants de procédure.

Cette relaxe n’a pas plu au parquet qui a fait appel, entendant poursuivre les protagonistes pour « utilisation de fusées et feux d’artifices considérés comme arme au sens de l’article 132-75 », c’est-à-dire « des objets conçus pour blesser ou tuer » ce qui, selon une loi non ratifiée par le Parlement, est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison.

Le parallèle entre les deux affaires est frappant.

Dans un cas, il existe une infraction avérée qui a pour conséquence la mort non naturelle de sept personnes, et le parquet, censé défendre la société, met en avant une prétendue « volonté de faire le bien » qui aboutit à la relaxe de l’accusé sous les applaudissements de nombreux médias.

Dans l’autre cas, le parquet requiert une peine tout à fait démesurée pour des faits sans aucune violence, ni dégâts matériels, qui entendaient juste attirer l’attention sur ce qu’un grand nombre de personnes considère comme une atteinte aux droits fondamentaux de l’enfant, conséquence de la loi Taubira.

Dans ce dernier cas, la volonté de faire le bien des protagonistes est écartée d’un revers de main, puisque le pouvoir politique qui a porté la loi Taubira considère que la défense de ce droit de l’enfant n’a aucune légitimité et que toute personne agissant dans ce but ne serait mue que par l’objectif de « faire le mal » et mériterait le surnom d’homophobe. De surcroît, dans le cas des Hommens, il y ajoute une circonstance aggravante puisque les protagonistes ont agi de manière masquée, « preuve » qu’il s’agissait d’un but condamnable et que les coupables avaient l’intention d’échapper aux conséquences de leur action, ô combien néfaste.

Aujourd’hui, le parquet décide selon l’opinion du pouvoir qu’une infraction avérée qui a eu pour conséquence la mort de sept personnes ne doit pas être punie, tandis que le fait de manifester de manière trop voyante contre une loi portée par ce même pouvoir doit, lui, constituer une infraction passible de prison… Devant un tel sectarisme, tout démocrate, quelles que soient ses opinions politiques, a de sérieuses raisons d’être inquiet.

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