Blog - Editoriaux - Histoire - Presse - Sport - Table - 6 juillet 2014

« Benzema, corps baraqué et mine sombre.. »

Du Brésil, ils sont repartis comme des voleurs mais les fans, qui les attendaient à l’aéroport du Bourget, leur ont fait un triomphe hier après-midi, à leur retour en France. Quelques autographes et poignées de mains, puis sacs Vuitton en bandoulière, les vedettes tels des « rocks stars », sont repartis dans leur Porsche ou le jet privé qui les attendaient, d’autres plus simplement en taxi, n’oubliant pas au passage de remercier leurs supporters sur Twitter pour leur soutien, même si les « stars », comme Karim Benzema ou Yohan Cabaye, sont restées muettes. Sur la toile, nos nouveaux « Dieux du stade » continuent de faire le buzz, malgré leur sortie sans gloire d’une Coupe du monde qu’ils croyaient pourtant être faite rien que pour eux…

Même l’Équipe, si sévère jadis avec les Bleus en 2006 et 2010, n’avait pas hésité à titrer le lendemain du match, en référence aux résultats du bac le même jour… « Sortis avec mention bien ». Il est vrai que le même journal avait déjà pris le risque du ridicule, la veille du match, en reprenant à son compte les pronostics de ses lecteurs qui à, 49% des votes exprimés, estimaient que la France remportera la Coupe du monde au Brésil. « Un plébiscite, s’enthousiasma sans ambages l’Equipe, puisque le Brésil et l’Allemagne ne récoltent chacun que 10% de confiance ».

L’Équipe n’en est pas à une bourde près : l’Express nous rafraichit la mémoire sur son blog, en rappelant fort opportunément que la Coupe du monde avait été gagnée en 1998 « parce que l’Équipe disait pis que pendre d’Aimé Jacquet et des Bleus. Le quotidien avait expliqué jusqu’au bout qu’ils étaient nuls et n’avaient aucune chance. »
Si en France, hormis le ridicule, on donne généralement dans le registre épique, – les Bleus avaient même, parait-il, … « rendez-vous avec l’Histoire » -, la presse étrangère se montre plus caustique envers nos glorieux loosers. « L’Allemagne, en serial killer, n’a fait qu’une bouchée d’une France un peu coincée.. », écrit la Reppublica italienne, tandis que le O Globo brésilien salue « l’instinct de survie » de la « Mannschaft de fer », qui a pris le dessus sur les « faiblesses des Bleus trop inexpérimentés ».
Enfin Outre-Rhin, la presse tabloïd ne résiste pas au plaisir de distiller quelques mots en français sur ses « unes » triomphantes. Le Hamburger Morgen Post délivre, ainsi un vibrant « Merci ! » au défenseur Mats Hummels, auteur du seul but de la rencontre, tandis que Sport Bild, numéro un de la presse sportive Outre-Rhin, nous renvoie gentiment dans nos foyers avec un : « Adieu, les Bleus, Deutschland im 7St Hummels », jouant sur l’homonymie de Hummels avec le mot Himmel qui veut dire ciel en allemand… L’Allemagne au septième ciel , c’est aussi l’avis de la Süddeutsche Zeitung qui s’attendait à des « Français plus coriaces (…), eux qui étaient si convaincants depuis le début de la compétition. » Pour le quotidien munichois, le pompon revient sans nul doute à Karim Benzema , le coriace de nos Curiaces tricolores: « Tout le jeu des Bleus se tend vers lui quand il attend le ballon, corps baraqué et mine sombre. On lui confierait sans sourciller la tache de tirer le TGV de Lyon jusqu’à Paris. Ses coéquipiers l’ont cherché encore et encore, et parfois l’ont trouvé. Toutefois, c’est assez lamentablement que Benzema a manqué sa première occasion, de presque dix mètres.» Comme quoi, selon le mot en exergue du blog de l’Express : « Même le foot peut donner à penser. A condition d’en rire bien sûr ! » Effectivement le feuilleton brésilien se termine, il vaut mieux en rire…

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