État d’urgence pour les étudiants russes

 

Nous le savons, c’est l’état d’urgence, et ainsi pour éviter de nouveaux attentats, les forces de l’ordre sont mobilisées pour localiser les personnes potentiellement dangereuses sur notre territoire. Ainsi, Roman Sidorenko, étudiant russo-ukrainien à la faculté de sciences économiques, sociales et de gestion de Reims, est menacé par la décision du préfet de la Marne, qui a prononcé son expulsion le 21 janvier 2016. C’est aussi le cas de Tatiana, doctorante en économie à l’université de Perpignan sous la direction de Jean-Louis Caccomo.

Pour cette dernière, les choses s’accélèrent : vendredi 29 janvier, dès 9 heures, les forces de l’ordre se rassemblent autour de chez elle. Dans l’après-midi, sa porte est défoncée et elle est embarquée pour le centre de rétention de Toulouse où elle se trouve toujours au moment où j’écris ces lignes.

Un groupe de soutien s’est lancé sur Facebook. Que peut-on avoir à craindre de cette étudiante, à part peut-être d’être une « bombe » ?

D’autres intimidations ont été faites à son égard : « Tatiana Demidova, évite de contacter avec les mass médias russophones afin de protéger l’image de la France pour que ton témoignage ne serve pas… à la propagande à l’Est ! » (propos rapportés par Tatiana elle-même). Ces amis ont également été menacés de prison s’ils essayaient de la protéger.

L’état d’urgence qui est censé être mis en place pour nous protéger des terroristes – qui sont, faut-il le rappeler, des islamistes -, est utilisé pour s’en prendre à des étudiants russes qui ne sont absolument pas liés à ces réseaux. L’énergie et les forces de l’ordre utilisées pour interpeller Tatiana n’auraient-elles pas été plus utiles pour lutter contre des personnes dangereuses ? Pourquoi faire une telle arrestation la veille du week-end, si ce n’est pour éviter une mobilisation ?

On peut même se demander si cet acharnement contre des étudiants russes n’est pas lié à la politique internationale. En effet, la Russie combat les terroristes de Syrie, dont la branche syrienne d’Al-Qaïda, nommée Al-Nosra, à qui la France a fourni des armes pour combattre Bachar el-Assad…

Si vous souhaitez agir, si vous êtes près de Toulouse, vous pouvez lui rendre visite et lui apporter des jus de fruits, des gâteaux, des cigarettes. Sinon, vous pouvez alerter votre député de cette situation.

Benjamin Leduc

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