Editoriaux - Politique - 26 juin 2017

Bayrou : l’homme qui rata le coche

François Bayrou, qui connaît ses classiques, doit sans doute méditer sur les terrasses du château de Pau cette vieille sentence romaine : « Il n’y a pas loin du Capitole à la roche Tarpéienne. » Après son touch and go place Vendôme, ça se déchaîne pas mal sur celui qui voulut être roi et dut se contenter d’en faire un.

Ségolène Royal, d’ailleurs, jamais en reste dans son auto-entreprise de dézingage en tout genre, vient d’apporter sa petite pierre personnelle à la lapidation du garde des Sceaux émérite, par une déclaration sur France Info. « Sa grosse faute politique, c’est 2007. Il est passé à côté, c’était sans doute trop innovant pour lui, il était dans les vieux codes. » En effet, avec ses 18,50 % obtenus au premier tour de l’élection présidentielle, Bayrou n’avait pas franchi le Rubicon et n’avait donné aucune consigne de vote aux quelque 6,8 millions d’électeurs qui lui avaient fait confiance. En 2010, il « avoua » chez Drucker avoir voté blanc. Il est des confessions aussi tristes qu’un dimanche après-midi !

Donc, Ségolène Royal n’eut jamais la voix de François Bayrou. Est-ce pour cela qu’elle se venge aujourd’hui ? C’est une hypothèse qui ne vaut pas moins que les fines analyses psychologiques de la promotrice en chef du chabichou. Du reste, l’ancien ministre précise sa pensée – si j’ose dire – au sujet de ces « vieux codes » : « Comme tous ces machos, ça devait le perturber d’être le numéro deux d’une femme. » S’il y avait eu accord entre Royal et Bayrou, et que Ségolène avait emporté l’élection présidentielle (ça fait tout de même beaucoup de si, si impératifs…), celui-ci eût donc été Premier ministre. Un remake de « Si ma tante en avait » ou encore du sketch des regrettés Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, « Mais si nous autres, les Sudistes, on avait été plus nombreux, et bien vous autres, les Nordistes, vous auriez bel et bien pris la pâtée ! »

Un remake à la sauce féministe comme sait si bien le faire Ségolène Royal. Car, vous l’avez remarqué, la Madame du Poitou, depuis plus de trente ans, a fait son fonds de commerce de cette sauce, pourtant un peu gâtée avec le temps. Avec Léon Zitrone, si la jument Gâterie du matin n’avait pas emporté le Grand Prix de Diane, c’était à cause du terrain : trop lourd, le terrain ! Ségolène Royal, elle, son échec, ce n’est pas à cause du terrain, mais des hommes qui sont trop lourds, qu’elle le doit. « Pourquoi pas ? », aurait dit le commandant Charcot !

Ségolène Royal semble donc vouloir, jusqu’à épuisement des stocks, nous refourguer ses vieux rossignols féministes, du moins ceux qu’elle n’a pas réussi à brader à NKM. Jusqu’où ira-t-elle ? Jusqu’au dépôt de bilan, peut-être. Alors, qu’on se rassure, cela ne saurait donc tarder…

François Bayrou a donc « raté le coche », estime celle qui s’est attelée de longue date à s’imposer dans la vie politique française comme la mouche de ce même coche. C’est toujours une idée de titre pour la biographie définitive du Béarnais : L’homme qui rata le coche.

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