Armes à feu

Pour le Bataclan, Donald Trump a-t-il absolument tort ?

Médecin
 

C’était il y a longtemps, mais déjà l’usage des armes aux États-Unis était l’objet de nombreuses émissions de télévision ; plus équilibrées qu’aujourd’hui, cela va sans dire. S’y exprimait, entre autres, une Américaine encore jeune dans un fauteuil roulant, parce qu’elle avait pris la balle d’un tueur de masse dans la colonne vertébrale. Tout téléspectateur se disait alors qu’il y avait peu de risque que la malheureuse soit une militante active de la NRA (National Rifle Association), à laquelle Trump vient de confirmer son soutien. Mais la handicapée raconte : « Il est entré dans le restaurant où j’avais invité mes parents pour leur anniversaire de mariage. Il s’est mis à tirer posément sur chaque client en remontant la file des tables devant toute la longueur du bar. » L’horreur ! « Moi, je revenais des toilettes quand j’ai entendu les détonations, alors je me suis accroupie derrière le bar. Il ne pouvait pas me voir. Arrivé à ma hauteur, j’ai entendu qu’il éjectait son chargeur, probablement pour le remplacer. Si j’avais eu – comme toujours – mon arme sur moi, j’aurais pu le descendre à ce moment-là. Hélas, mes parents résidant dans un état prohibitionniste voisin du mien, j’avais dû la laisser dans ma voiture… »

Le tueur reprit donc sa triste besogne jusqu’à l’épuisement de son deuxième chargeur.

Qui peut jurer qu’au Bataclan, si seulement l’un ou plusieurs des policiers hors service qui faisaient partie des spectateurs avaient été armés, l’issue eût été la même ? C’est pourquoi, même si Trump l’a exprimé avec la franchise « primesautière » qui fait l’essentiel de son charme, il est permis – contrairement aux chœurs des vierges médiatiques – de ne pas balayer son opinion d’un revers de main.

Alors qu’Emmanuel Macron est le troisième Président à nous expliquer que nous sommes en guerre, combien de Français de moins de 60 ans ont-ils, une seule fois de leur vie, eu entre les mains un pistolet automatique ? Et pour ce que l’on en sait, ce n’est pas le service national universel voulu par Emmanuel Macron qui modifiera cette incongruité. En cas de péril imminent, même devant un simple couteau, un Français n’a légalement que ses mains pour se défendre. Même le port d’un spray lacrymogène est interdit (à l’exception des sous-dosés qui ne feraient pas éternuer une souris…) Et il paraît que nous sommes en guerre !

Ancien tireur sportif, j’ai suivi sporadiquement l’évolution de la législation sur la simple détention (à ne pas confondre avec le port) : à chaque fait divers, elle se resserre un peu plus, confirmant l’adage « Quand les armes sont hors la loi, seuls les hors-la-loi ont des armes… »

Les États-Unis sont peut-être un pays où l’on tire trop. Mais il y a des pays où on ne tire peut-être pas assez.

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