Bachar el-Assad, aussi, devrait consulter les médias alternatifs

 

Il y a quelques jours, Bachar el-Assad a déclaré à propos de François Fillon : « Sa rhétorique concernant les terroristes ou, disons, la priorité du combat contre le terrorisme sans s’ingérer dans les affaires des autres pays, est bienvenue » ; ce même François Fillon qui déclare : « On voit bien que c’est une manipulation. Un dictateur qui fait des déclarations devant les télés françaises sur la politique française, ça s’appelle une manipulation […] Non, je ne souhaite pas le maintien de Bachar el-Assad au pouvoir […] C’est un dictateur avec un passé sanglant. »

Il est vrai qu’il est facile de se méprendre sur le compte de François Fillon, lui qui a le soutien de Jean-Frédéric Poisson, que Bachar el-Assad avait rencontré personnellement, et qui a dû lui sembler être un artisan de la paix, cherchant à comprendre la situation en Syrie. Peut-être a-t-il entendu qu’il disposait même d’un soutien timide de Farida Belghoul, qui œuvre en France pour une convergence entre catholiques et musulmans contre la déconstruction de la société. Bachar el-Assad, le meilleur défenseur des minorités chrétiennes et yazidis en Syrie, a dû prendre pour argent comptant les propos selon lesquels François Fillon se sentirait concerné par le sort des chrétiens d’Orient et a vu, à tort, en lui un précieux soutien pour ramener la paix en Syrie.

De nombreuses fausses informations courent dans les médias, issues de groupes qui ne se préoccupent pas assez de la vérité, surtout quand elle arrange leurs intérêts. Ces groupes, comme Sens commun, font courir des rumeurs selon lesquelles François Fillon serait un candidat défendant les valeurs de La Manif pour tous, qu’il en serait même le candidat officiel, qu’il serait un fervent défenseur de la famille et de la vie.

Comme certains catholiques mal avisés en France, Bachar el-Assad s’est laissé berner par la désinformation ambiante. Il ignore certainement que les proches de François Fillon, comme Thierry Mariani ou Nicolas Dhuicq qui l’ont rencontré, se sont fait réprimander. Il n’a pas dû comprendre que lorsque monsieur Fillon dit qu’il faut « une initiative puissante, européenne, diplomatique pour mettre autour de la table toutes les personnes qui peuvent arrêter ce conflit sans exclusive, et donc y compris ceux qui commettent des crimes aujourd’hui », c’est un appel à mettre autour de la table les terroristes modérés tels que l’Armée syrienne libre. Peut-être aurait-il, lui aussi, besoin de consulter les sites de réinformation… 

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