Editoriaux - Education - Table - 7 janvier 2018

Baccalauréat : les perspectives

La mission Mathiot (du nom de son président), chargée par le ministre de l’Éducation nationale d’une réflexion sur l’avenir du baccalauréat et du lycée (général et technologique ; le baccalauréat professionnel n’est pas dans son champ de mission), termine ses auditions. À travers celles-ci et les comptes rendus qui ont pu en être faits, l’architecture du second cycle du secondaire et de son examen final se dessinent.

En premier lieu, la disparition des filières actuelles du lycée général semble décidée. Pour le lycée technologique, les choses sont moins claires. Certaines filières pourraient être maintenues en l’état, mais pas d’autres. La dénomination « technologique », jugée stigmatisante par la mission, devrait disparaître.

À la place de ces filières, un tronc commun (de quinze heures en première et de dix heures en terminale, la seconde restant indifférenciée) et un système de majeures-mineures. Chaque élève choisirait deux disciplines majeures (parmi neuf combinaisons possibles) et deux mineures. L’horaire global de ces disciplines serait de dix heures en première et quinze heures en terminale.

Deuxième changement : la disparition de l’organisation annuelle en trimestres au profit d’une semestrialisation.

Ces modifications sont dictées par une volonté de réforme du baccalauréat en vue d’une simplification mais aussi d’une meilleure articulation de celui-ci avec les exigences du supérieur. Les épreuves se dérouleraient en quatre étapes.

Tout d’abord, comme aujourd’hui, l’épreuve de français se passerait à la fin de la classe de première. Par contre, on ne sait pas si les modalités en resteraient inchangées (il est possible que seule l’épreuve écrite soit conservée). Puis, à la fin du premier semestre de terminale, les épreuves finales des deux disciplines majeures suivies par les candidats. Les résultats de ces épreuves, passées en mars ou avril, seraient pris en compte pour l’orientation dans le supérieur. Il y a là une certaine logique de continuité entre le lycée et l’enseignement supérieur.

À la fin de l’année de terminale, deux épreuves : celle de philosophie, qui serait commune à tous les candidats, et un « grand oral ». Ce grand oral, inspiré d’une épreuve de l’équivalent italien du baccalauréat, prendrait la place des TPE (travaux personnels encadrés) renforcés. Reposant sur une « recherche » articulant les deux majeures du candidat, celui-ci aurait à défendre son dossier devant un jury de trois personnes (dont un non-enseignant) pendant trente minutes.

Enfin, les autres épreuves seraient évaluées en contrôle continu (ou en cours de formation). Ce contrôle continu pèserait 40 % de la note finale, les épreuves finales (français, majeures, philosophie et grand oral) comptant pour 60 %.

Grandes absentes de tous les comptes rendus : les options (artistiques, lettres classiques, etc.). Seront-elles transformées en mineures ? Garderont-elles leur statut actuel ? Disparaîtront-elles ? Le silence fait craindre le pire pour elles.

Globalement, cette réforme apparaît équilibrée. La mise en œuvre pratique de certaines des propositions (le grand oral, notamment) semble difficile, mais sans doute pas plus que l’organisation actuelle du baccalauréat. Le point le plus contestable est l’introduction du contrôle continu. Il fait craindre à beaucoup des disparités entre les établissements.

C’est à la fin du mois que M. Mathiot remettra ses propositions au ministre de l’Éducation nationale. Il lui appartiendra de les retenir, ou pas.

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