Avortement : quand François Fillon fait volte-face

 

Dans une interview au Figaro, François Fillon a déclaré avoir commis une erreur dans son livre : il affirme qu’il n’approuve pas l’avortement, mais qu’il est impossible de revenir dessus. Il explique cette conviction en se basant en partie sur sa foi catholique.

Comment, donc, doit se comporter un parlementaire catholique ? Dans son encyclique Evangelium vitæ, le saint pape Jean-Paul II avait fourni la réponse. « Un problème de conscience particulier pourrait se poser dans les cas où un vote parlementaire se révélerait déterminant pour favoriser une loi plus restrictive, c’est-à-dire destinée à restreindre le nombre des avortements autorisés, pour remplacer une loi plus permissive déjà en vigueur ou mise aux voix. De tels cas ne sont pas rares. […] Dans le cas ici supposé, il est évident que, lorsqu’il ne serait pas possible d’éviter ou d’abroger complètement une loi permettant l’avortement, un parlementaire, dont l’opposition personnelle absolue à l’avortement serait manifeste et connue de tous, pourrait licitement apporter son soutien à des propositions destinées à limiter les préjudices d’une telle loi et à en diminuer ainsi les effets négatifs sur le plan de la culture et de la moralité publique. Agissant ainsi, en effet, on n’apporte pas une collaboration illicite à une loi inique ; on accomplit plutôt une tentative légitime, qui est un devoir, d’en limiter les aspects injustes. »

Examinons maintenant comment François Fillon a voté lors de questions concernant l’infanticide prénatal :

– Scrutin public sur la proposition de résolution visant à réaffirmer le droit fondamental à l’interruption volontaire de grossesse en France et en Europe (26/11/2014) : son vote fut en faveur.

– Scrutin public sur l’ensemble du projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes (28/1/2014), texte qui comportait le retrait de la condition de détresse pour pratiquer l’avortement, et qui ouvrait la porte à l’application de la théorie du genre : il s’est abstenu.

S’il agissait en réel catholique, il aurait dû s’opposer à ces deux textes.

Pour ce qui est du mariage pour tous, il affirme qu’il y est opposé, mais qu’il ne reviendra pas en arrière (bref, il prend une position qui ne satisfait personne). Cette interview se conclut sur la phrase : « Vous aurez le choix entre des candidats un jour contre et le lendemain pour, et un candidat qui ne change pas de position. » Il aurait été honnête de sa part de préciser que ce candidat qui tient parole se nomme Jean-Frédéric Poisson !

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