Editoriaux - Le débat - Politique - 3 mars 2016

Avis à Bernard Debré : casse-toi, pauv’ con !

Bernard Debré

Chassez le naturel, il revient très vite au galop. Devant les caméras, une fois la cravate remise en place, on débite trois mots convenus sur l’égalité, la parité, etc., et bla-bla-bla… Mais qu’on vous tende un micro au détour d’une colonne, et voilà le bon vieux fond du mâle satisfait de sa paire de couilles qui resurgit.

Bernard Debré – mandarin en chef ! grand ponte des hôpitaux ! – vient d’offrir à la France des élégances comme on en croise généralement aux comptoirs des bistrots.

Interrogé à l’Assemblée par BFM TV avant la séance des questions au gouvernement, le député Les Républicains (je ne m’y fais toujours pas !) a lâché, satisfait : « Je suis inquiet de la politique française, pour une raison simple : vous avez vu que la loi El Connerie – oui, je l’ai fait un peu exprès – est en train de disparaître. » Ah ! Ah ! Ah ! Et au cas où l’on n’aurait pas compris où se situe le débat, celui du zézette-caca-bite-couille de la maternelle, il en remet une couche (Confiance, bien sûr) : « Ou du moins, elle va être castrée, et je parle en urologue. »

Qu’est-ce qu’on rigole ! Qu’est-ce que c’est fin ! Quel bel homme et quelle belle pensée. Ah, ça, c’est vrai que pisser contre le mur vous ouvre tous les droit !

Devant les commentaires gênés des confrères et la volée de bois vert des internautes, il a fait, jeudi, machine arrière dans Le Figaro : « Les femmes ministres sont aussi intelligentes et déterminées que les autres. Je regrette ce lapsus (sic). Je suis fier qu’il y ait une égalité homme/femme de plus en plus respectée en France. Qu’on ne dise pas que cette loi est mauvaise car portée par une femme. C’est avant tout la loi de la République. »

Non seulement macho et vulgaire, mais en plus hypocrite et lâche ! 
Alors, tu sais quoi, Bernard ? Je vais te donner un conseil de bonne femme : casse-toi, pauv’con !

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