Avant les élections européennes : les démences oubliées de l’euro-secte

Le lieu commun « rien n’est plus vieux qu’un journal de la veille » est faux. Lire les journaux de l’entre-deux-guerres permet de retrouver ceux qui savaient et ceux qui trahissaient déjà, pleins d’empathie pour « Monsieur Hitler ». Avant les élections européennes de mai prochain, il est édifiant de revenir sur des déclarations dégoisées lors du triste épisode de Maastricht dont nous ne finissons pas d’expier l’erreur. Les crises de la zone euro, des migrants, de la Grèce, de l’Italie, du Brexit, des gilets jaunes sont les effets de ce tissu d’inepties.

« [Les partisans du “non”] sont des apprentis sorciers […] Moi, je leur ferai un seul conseil : Messieurs […] abandonnez la politique. Il n’y a pas de place pour un tel discours, de tels comportements, dans une vraie démocratie qui respecte l’intelligence (sic) et le bon sens (sic) des citoyens » (Jacques Delors, Quimper, 29 août 1992).

« Le traité de Maastricht fait la quasi-unanimité de l’ensemble de la classe politique. Les hommes politiques que nous avons élus sont tout de même mieux avertis (sic) que le commun des mortels » (Élisabeth Badinter, Vu de gauche, septembre 1992).

« Maastricht apporte aux dernières années de ce siècle une touche d’humanisme et de Lumière qui contraste singulièrement avec les épreuves cruelles du passé » (Michel Sapin, ministre des Finances, Le Monde, 6 mai 1992).

« Oui, pour aller de l’avant dans les conquêtes sociales, il n’est d’autre avenir que la Constitution de l’Europe » » (Julien Dray, Assemblée nationale, 6 mais1992).

« Mon raisonnement est profondément social-démocrate. À vrai dire, je n’ai pas encore compris pourquoi les libéraux veulent de cette Europe-là (sic !) » (Michel Rocard, Libération, 3 août 92).

« Si le “non” l’emporte, on ne reparlera plus de l’Europe mais des batailles qui se sont déroulées au cours des siècles passés » (Simone Veil, 14 septembre 1992).

« Un “non” au référendum serait pour la France et l’Europe la plus grande catastrophe depuis les désastres engendrés par l’arrivée de Hitler au pouvoir » (Jacques Lesourne, directeur du Monde, 19 septembre 1992).

« En votant “non”, nous donnerions un magnifique cadeau, sinon à Hitler, à Bismarck » (Alain-Gérard Slama, Le Figaro, 18 septembre 1992).

« Le “non” français à Maastricht fut interprété comme un encouragement aux nationalismes. Il relança la guerre dans les Balkans. […] Si bien que, sans aller, comme certains, jusqu’à imputer à ce maudit “non” le soulèvement transylvain, la nouvelle guerre de Trente Ans, entre Grèce et Macédoine, les affrontements entre Ossètes du Nord et du Sud, puis entre Russes et Biélorusses, bref, sans aller jusqu’à lui attribuer toutes les guerres tribales, ou paratribales, qui enflammèrent l’Europe de l’Est, on ne peut pas ne pas songer que c’est lui, et lui seul, qui offrit à Berlin l’occasion de son nouveau “Reich” (sic) (Bernard-Henri Lévy, Le Figaro, 18 septembre 1992).

« Maastricht constitue trois clefs d’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie » (Michel Rocard, Ouest France, 27 août 1992).

« Si le traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré » (Valéry Giscard d’Estaing, RTL, 30 juillet 1992).

« Le traité d’Union européenne se traduira par plus de croissance, plus d’emplois, plus de solidarité » (Michel Sapin, ministre des Finances socialiste, Le Figaro, 20/8/1992).

« L’Europe, ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion » (Martine Aubry, Béthune, 12 septembre 1992).

« Avec Maastricht, on rira beaucoup plus » (Bernard Kouchner, Tours, 8 septembre 1992).

En effet, on en rit encore. Macron, Juncker, Merkel, Tusk, Barnier et les revenants BHL, Cohn-Bendit, Pisani-Ferry, Soros nous promettent de rire encore plus.

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