2 juillet 2016

Autriche : on rit !

Bon, écoutez, nous n’allons pas bouder notre plaisir et, si vous le permettez, en guise de Delicatessen, pour fêter la nouvelle du jour, je vais vous offrir quelques tweets, plus très frais puisque datant du 23 mai dernier, il y a un mois, il y a une éternité. De Manuel Valls : « Soulagement de voir les Autrichiens rejeter le populisme et l’extrémisme. Chacun doit en tirer les leçons en Europe. » De Christian Estrosi : « Je veux saluer la victoire des démocrates autrichiens et sursaut populaire au succès de @vanderbellen. Ex. droite doit être combattue partout. » De David Cormand, « patron » des écolos, inconnu au bataillon : « Le côté vert de la force l’a emporté face au côté obscur. » Je ne vous propose pas le très lourdingue « Le facho battu » de Mélenchon. N’abusons pas des bonnes choses et restons-en là, si vous le voulez-bien…

La bonne nouvelle ? Évidemment, vous la connaissez déjà : il s’agit de l’invalidation de l’élection présidentielle autrichienne. Après le Brexit, sale temps pour les Hollande, Schutz, Merkel et Juncker. Nul doute que ce dernier, qui désormais parle aux petits hommes verts, doit voir rouge. De là qu’il s’exile sur Mars…

Alors, comme le suggérait Manuel Valls, tirons les leçons de cette annulation. Ainsi, à défaut de victoire des démocrates, comme le déclarait, euphorique, le président de la région PACA, cette invalidation est une victoire incontestable de la démocratie. La France – ou tout du moins ses dirigeants – qui aime tant donner des leçons de morale à la terre entière devrait en prendre de la graine. Quand on pense qu’il a fallu attendre 2015 pour que la presse officielle révèle les conclusions de la commission nationale des comptes de campagne sur ceux de François Hollande ! Des comptes qui, s’ils n’étaient entachés d’« aucune irrégularité majeure », avaient été jugés brouillons : imprécisions, incohérences, manque de rigueur, und so weiter

Notons que la Cour constitutionnelle autrichienne n’a relevé ni fraude ni manipulation du scrutin, seulement une accumulation de négligences dans le dépouillement des urnes et des votes par correspondance qui entachent la validité du résultat. Au fond, un manque de rigueur… comme pour les comptes de campagne de François Hollande. Et le président de la Cour constitutionnelle de justifier cette décision, sans précédent dans nos démocraties européennes : « Les élections sont le fondement de notre démocratie… La garantie de ce fondement est notre devoir… Il n’y a ni perdant ni gagnant. Notre décision ne doit servir qu’un seul but : renforcer la confiance en notre État de droit et, par là même, en notre démocratie. » Donneurs de leçons, prenez la vôtre !

De nouvelles élections vont donc devoir être organisées. Probablement en septembre. Nul doute qu’à travers l’Europe, on va donner de la grosse caisse et de la trompette – qui doit donner le verbe tromper ! – dans les prochaines semaines pour éviter que ce qui ne serait plus une « divine surprise » ne se produise.

En tout cas, pour l’instant et pour la route, je vous propose « eine letzte kleine Delikatesse » : pas de tweet, ce jour, des Valls, Estrosi et Cormand – ce dernier pourra me remercier de faire ainsi sa promotion ! – sur cette grande nouvelle du jour… À Vienne, le beau Danube pourrait redevenir bleu.

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