Editoriaux - Histoire - Réflexions - Société - Table - 5 juillet 2018

Au principe de précaution, substituons le principe d’audace !

Tout a été dit ou presque sur la récente mise en place de la limitation de vitesse à 80 km/h : mesure inutile, incompréhensible, ne pouvant apporter que de la gêne aux automobilistes. On est en droit, alors, de se demander pourquoi.

Et on se rend très vite compte que cette mesure coercitive n’en est qu’une parmi tant d’autres qui, comme je vais le démontrer, sont extrêmement lourdes de conséquences.

En effet, on vit dans un monde où tout ou presque devient réglementé ou interdit au nom du sacro-saint principe de précaution. Tout ce qui présente un risque devient inacceptable, et une foule de textes législatifs ou réglementaires viennent apporter leur cohorte de contraintes et de limitations, toujours avec de bonne raisons apparentes.

Parmi les plus récentes, on peut citer l’obligation des protections de piscine, des détecteurs de fumée, des casques pour les enfants à vélo.

Jusqu’où cette folie ira-t-elle ? Ne parle-t-on pas d’interdire la vente de gâteaux faits maison aux kermesses des écoles ? À chaque fois, évidemment, on peut invoquer une justification. Critiquer ces mesures vous fait, alors, passer pour un dangereux irresponsable, voire un criminel.

Certes !

Mais l’afflux continuel de nouvelles réglementations du même acabit crée une société d’anxiétés et de peurs où la prise de risque et le danger deviennent tout simplement inacceptables. Nous sommes, petit à petit, infantilisés, devenons timorés, pétochards, voire pleutres. À procéder ainsi, nous formatons ainsi une génération de c… molles, incapables de prendre des risques.

L’aboutissement se concrétise lorsque des familles portent plainte contre l’État français pour la mort de leur fils soldat en Afghanistan. Même la mort d’un soldat devient inacceptable.

La question du pourquoi est complexe. On peut citer l’administration qui, en imposant de nouvelles normes avec leur cortège de contrôles, justifie l’accroissement du nombre de fonctionnaires. On peut aussi évoquer les lobbies qui, en aidant à la mise en place de normes, développent de nouveaux marchés. Cependant, le principal moteur de cette déchéance reste, à mon sens, l’ego des décideurs qui, pour exister, cherchent à paraître responsables en contraignant les autres.

Ainsi, le maire de mon village a décrété « baignade interdite » dans la rivière où il a appris lui-même à nager étant enfant, comme tous ses aïeux depuis des siècles. La directrice d’école a interdit les pâtisseries maison à la fête des écoles. Le président du club de marche interdit aux randonneurs de s’éloigner des « encadrants » (un chef de file et un serre-file).

Le principe de précaution vient, ainsi, pourrir notre vie quotidienne. Les interdits deviennent la règle et l’audace un tabou.

Maintenant, posons-nous la bonne question : dans un monde où les menaces s’accroissent, n’est-il pas dangereux de faire de tous nos concitoyens des « escouillés », comme disait Rabelais ? Auraient-ils la flamme et la fougue des patriotes qui ont su défendre notre pays aux pires heures de notre histoire ?

Alors, Messieurs les décideurs, cessez de nous emm…, comme le disait si bien un grand Président. Et osez substituer le principe d’audace au principe de précaution. Si on vous avait laissés faire, voici quelque quatre cent mille ans, avec vos raisonnements, le feu aurait été interdit au nom du principe de précaution et l’homme serait resté un être apeuré tapi au fond de ses cavernes ou réfugié au sommet des arbres.

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