Editoriaux - Société - 9 novembre 2018

Au nom du père

On sait que l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de lesbiennes ou aux femmes célibataires figurera bien dans le projet de loi de bioéthique de l’année prochaine.

Savoir qui sont ses parents semble aussi naturel que l’air que l’on respire, et quand on voit les trésors d’ingéniosité et les années d’investigations compulsives que développent la plupart des enfants adoptés – même élevés dans les meilleures conditions d’amour – pour identifier leurs géniteurs biologiques, on mesure l’importance de la notion de filiation pour chacun de nous.

Interrogée à ce propos par LCP, il y a quelques jours, Agnès Buzyn précise : « L’enfant pourra accéder à cette figure paternelle […] ces donneurs ne vont pas se retrouver avec plein d’enfants, c’est simplement permettre à un enfant de se construire. Donc, personne ne nie le fait qu’il y a un père biologique, et ça sera inscrit évidemment dans la façon dont la filiation sera écrite. […] Ça voudra dire que les parents vont être obligés de le dire, ça évite de nier cette évidence qu’on a été conçu d’une certaine façon, avec un père biologique et deux mères qui s’occupent de vous. »

C’est bien le minimum, mais ça a suffi à mettre en transes le lobby LGBT et autres nuances de gris sur le thème Figure paternelle… père biologique… Diantre, ne serait-ce pas les « éléments de langage » de la Manif pour tous ? Parce que, pour ces gens, appeler un chat un chat, c’est fasciste.

Caroline Mecary, avocat pionnier de l’homoparentalité, fait remarquer que « quand il s’agit de permettre aux couples hétéros d’avoir accès à la technique de PMA avec donneur anonyme, personne ne parle de père… Mais dès que l’on aborde la PMA pour les couples de femmes et les femmes célibataires, un donneur devient un père ! Non, il reste un donneur. » Mais il y a une bonne raison à cette différence « d’éléments de langage », c’est que, dans le premier cas, après l’intervention du donneur, l’enfant aura auprès de lui un père de substitution tout au long de son développement…

L’Association des familles homoparentales (ADFH) enfonce le clou : « Un donneur de sperme ne sera jamais un père. Une donneuse d’ovocyte ne sera jamais une mère. » Pourtant, ceux qui sont (ou se sont crus) enfants d’Yves Montand, d’Albert de Monaco, d’Albert II de Belgique ou autres amants de passage – qu’ils n’avaient jamais vus – de leurs mères ne revendiqu(ai)ent pas qu’on reconnaisse leurs « donneurs », mais bien leurs pères.

Pour les lesbiennes activistes, le but est donc clair : éradiquer toute image virile du paysage mental de leurs enfants, comme les iconoclastes de l’Égypte ancienne martelaient les profils de leurs ennemis sur les bas-reliefs des temples. Une androphobie chimiquement pure et hautement pathologique…

Nous sommes tous issus de la fusion de deux êtres biologiques, et il nous importe de découvrir en nous ce que chacun nous a apporté. Les accidents de la vie privent, hélas, certains de cette découverte éminemment structurante de la personnalité.

Est-ce une raison pour qu’au nom d’on ne sait quel principe, il faille créer délibérément ces situations ?

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