À SUIVRE

Au lendemain d’un drame…

Professeur
 

Même si l’on n’a jamais été Charlie, et c’est mon cas, aujourd’hui, on ne peut qu’être révolté et désolé pour ces morts et leurs familles, dessinateurs, policiers, et les autres – anonymes, hélas, pour les médias qui les oublient.

Même si l’on n’a jamais été Charlie, il fallait reconnaître leur courage dans l’affaire des caricatures et leur fermeté face aux menaces et à la mauvaise foi de ceux qui se tortillaient en répétant que, quand même, il faut respecter l’Autre, que nos compatriotes musulmans pouvaient être légitimement froissés, etc., sans tenir jamais le même raisonnement quand étaient attaqués et ridiculisés le pape et les chrétiens.

Même si l’on n’a jamais été Charlie, et qu’on n’appréciait pas son idéologie destructrice de toute foi, sauf la foi athée et l’engagement à l’extrême gauche (gage de liberté, comme on sait), on est saisi d’une très réelle compassion.

Faut-il autant renoncer à toute réflexion ? Efforçons-nous donc de raisonner et demandons-nous s’il n’y a pas dans cet atroce attentat, le jour même où paraît Soumission, le livre de Houellebecq, quelque lueur de bien à venir. Le sommeil du peuple (assez troublé ces temps, il est vrai), l’inertie des masses anesthésiées par journalistes, politiques, consommation, divertissement, biberonnées à la culpabilité, ou plutôt aux culpabilités (collaboration, « les plus sombres », colonisation, décolonisation, esclavage, racisme et tout et tout), ce sommeil peut être cette fois brisé. Aujourd’hui, le coq gaulois qui devenait insensiblement chapon (voir Zemmour) a quelque chance de se réveiller – on peut au moins l’espérer !
 
Immédiatement a retenti le mantra : pas d’amalgame – et avec raison. En effet, les responsables religieux et politiques musulmans en France bien sûr et de la Turquie à l’Arabie saoudite, en passant par Le Caire, protestent et se désolidarisent. Hypocrisie, taqiya, diront certains, beaucoup. Vraiment ? Si les Français bougent, si l’Europe se redresse (voir les Allemands et les Suisses), si on sort du long engourdissement de ces dernières décennies, alors risquent d’échouer la submersion rêvée, la reconquête des territoires perdus (Espagne, Balkans, Grèce, sud de l’Italie, de la France…), la soumission quasi insensible et apparemment indolore grâce au silence des médias qui cachent ou truquent la réalité : le réel vient d’exploser à la figure de tous.

Alors les attentats de ce genre sont une mauvaise affaire ; même les sympathisants résolus, les journalistes les plus complaisants, les religieux chrétiens les plus révérencieux, s’ils proclament « padamalgame », sont gênés aux entournures. Il faut donc se désolidariser au plus vite des fauteurs d’attentat, ces abrutis inconscients des vrais intérêts de l’islam. Rappelons-nous que chez les responsables musulmans, dont on entend la voix, l’indignation ne va jamais jusqu’à défendre ès qualité et protéger les chrétiens d’Orient et les yazidis, ou à rendre effective la liberté de conscience sur leur territoire.

Alors peut-être, s’il n’est pas trop tard, peut-être de cet horrible massacre, du courage des dessinateurs de Charlie, qui n’avaient pas cédé, naîtra quelque aurore.