Editoriaux - Santé - Société - 11 août 2018

Au-delà d’une folle campagne en faveur du préservatif, le gouvernement continue de s’ériger en éducateur

Pour inciter au port du préservatif, le ministère de la Santé a cru bon de lancer une nouvelle campagne sur le ton de « l’humour ». À la clé, six « bonnes raisons »… qui ne passent pas.

Si les réseaux sociaux se sont enflammés pour cette campagne, c’est pour le côté culpabilisant qu’il y aurait vis-à-vis des « jeunes qui auraient eu un rapport non protégé au lieu de les sensibiliser à l’importance de l’usage d’une protection lors des rapports sexuels ».

La mobilisation la plus forte provient du personnel médical. En effet, on apprend que le port du préservatif « évitera d’annoncer à l’infirmière/le médecin que tu as eu un rapport non protégé ». Pour une bonne partie du corps médical, c’est le triste constat qu’on leur attribue un rôle de juge alors qu’ils ne demandent qu’à avoir une oreille attentive.

Cependant, deux raisons semblent avoir été laissées de côté par la presse. L’affiche de campagne affirme que « cela t’évitera une rupture pour des motifs franchement gênants ». Le gouvernement veut-il jouer la carte des sous-entendus ? Quel pourrait bien être ce « motif franchement gênant » susceptible de provoquer une « rupture » ? Une IST, peut-être ? Du moins essaiera-t-on de ne pas penser que le ministère de la Santé pourrait insinuer que les bébés sont des « motifs franchement gênants ». Mais en ce moment, clarté et gouvernement ne font pas bon ménage.

Et puis, tu ne peux pas avoir d’enfant, réfléchis ! « Cela t’évitera de dire à tes parents qu’ils vont être grands-parents très jeunes. » Une fois de plus, le gouvernement s’immisce dans l’intimité de chacun et en profite pour vous dire ce qu’il faut faire ou non. On est heureux d’apprendre qu’il faut un certain âge pour avoir des petits-enfants, mais du coup ? 50 ans, 60 ans, 80 ans ? Là encore, c’est le flou. Et puis, c’est vrai, c’est une telle horreur de devenir grands-parents ; l’estocade portée sur votre vie si tranquille sans enfants à vos côtés. Heureusement qu’il y a cette propagande… Mon gouvernement, ce héros.

La campagne adressée aux jeunes de 12 à 18 ans s’inscrit dans le parcours éducatif proposé par le gouvernement. Dès la rentrée, au moins trois cours d’éducation sexuelle seront répartis sur l’année. On peut d’ores et déjà, au vu de ce « teaser » estival, émettre des réserves. La jeunesse se verra inculquer des cours sur les maladies et infections sexuellement transmissibles. À 12 ans, vous saurez tout sur les moyens de contraception. Mais on ne vous dira rien d’autre. Rien sur l’amitié, rien sur les possibilités d’une saine relation entre un garçon et une fille, sur la construction de son cœur et de son corps. À cette jeunesse qui veut se donner, qui veut se posséder, on lui enlève tout. Ou, plutôt, on ne lui donne rien. Assistés, infantilisés, déresponsabilisés : c’est ce que nous devenons.

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