Editoriaux - Société - 17 mars 2019

Attentat de Nouvelle-Zélande : Brenton Tarrant est-il un cygne noir ?

Pour autant que nous soyons correctement informés, il semble que Brenton Tarrant, l’Australien ayant tiré à l’arme automatique sur deux mosquées de Nouvelle-Zélande, soit un déséquilibré, car le fait de s’être filmé en train d’accomplir ses meurtres traduit un narcissisme maladif.

Mais par-delà les questions que l’on peut se poser sur son état mental, il en est une autre plus durable. Comment se fait-il que dans ce pays européen des antipodes, où l’islam est bien trop minoritaire pour pouvoir menacer les équilibres sociaux, un homme puisse être saisi d’une telle rage meurtrière ? Sans doute le spectacle lointain de notre Europe occidentale, livrée à la pression politico-migratoire que l’on connaît, a-t-il pu impressionner cet Européen du bout du monde, témoin oculaire de ce qui se passe en France, et instruit de la théorie du Grand Remplacement. Il n’empêche que sa réaction est troublante, car autant un islamiste frappera volontiers n’importe où dans le monde pour la raison qu’il est dans la posture djihadiste de celui qui attaque toutes les sortes de « mécréants », autant cet Australien adopte la position de celui qui se défend contre un envahisseur.

Déséquilibré ou pas, Brenton Tarrant préfigure peut-être un conflit à venir, non pas circonscrit à l’Europe, seul théâtre direct de l’affrontement possible, mais de dimension mondiale. Il est dans la nature même de la migration islamique actuelle de se compliquer indéfiniment, ou plutôt jusqu’à un point de rupture, celui d’une violence équivalente des deux côtés. Devant cette perspective, le déclin du sens moral dans notre propre civilisation (qui peut conduire à mitrailler des gens qui, au moment où on les tue, ne font que prier Dieu) annonce un affrontement impitoyable, où cent innocents mourront pour un coupable.

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