Culture - Editoriaux - Histoire - Presse - Société - 8 janvier 2015

Attaque de Charlie Hebdo, le premier acte d’une guerre totale à notre culture

Cabu, Charb, Wolinski, Tignous et huit autres victimes, dont deux policiers. Victimes d’une guerre qui ne porte pas encore de nom, une guerre totale qui est menée contre les fondements de notre civilisation : raison, examen critique, libertés d’opinion et d’expression. Il est temps, plus que temps, d’ouvrir les yeux sur l’état de notre pays, de réaliser enfin que nous n’avons plus d’unité nationale, que la France, loin d’être apaisée, est plus profondément divisée qu’elle ne le fut jamais dans sa longue histoire.

« On a vengé le prophète », auraient dit les barbares sanguinaires, les fous d’un dieu qui n’en demande pas tant. Comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi, de nos jours, des psychopathes fanatiques religieux et ultra-violents en viennent à tuer des innocents pour des dessins de presse ? Pourquoi les réactions d’une partie de la jeunesse sur les réseaux sociaux sont-elles à ce point dénuées d’empathie, voire de la plus élémentaire humanité ?

Lorsque des jeunes de nationalité française expriment de la joie pour des meurtres aussi terribles, on peut se dire que la France telle que nous l’avons connue a disparu. « Bien fait pour vos gueules bande d’enculés », « Charlie Hebdo a été attaqué… Ca me fait ni chaud ni froid ! C’est bien fait même on récolte ce que l’on sème », « Mdr le mec qui a fait ça à Charlie Hebdo. C’est un ouf ptdr. Il s’est cru dans Call of. Bien fait », « J’veux pas faire le taliban mais c’est bien fait pour Charlie Hebdo. Ils font que provoquer tout le monde à un moment stop », pouvait-on lire immédiatement après l’attaque sur Twitter. De quoi donner la nausée, la rage au cœur. Une telle ignominie soulève l’âme des plus endurcis. Pourtant, rien de surprenant, car c’est l’expression de la France telle qu’elle est désormais, et non telle que Christiane Taubira ou Edwy Plenel voudraient qu’elle soit. Cette France déracinée, inapte à transmettre son histoire et sa culture.

J’ai interrogé Bruno Roger-Petit et Edwy Plenel, en leur demandant une réaction suite à l’attentat ; au vu de ces faits, Éric Zemmour était-il toujours, selon eux, le principal danger pesant sur la République ? La réponse de Bruno Roger-Petit fut édifiante : « Pauvre imbécile », m’a-t-il rétorqué. Un argumentaire d’une pauvreté ahurissante qui traduit l’incapacité à affronter le réel de toute une génération biberonnée à l’utopie d’un monde post-historique et globalisé. Ils ne comprennent pas qu’ils seront, eux aussi, et plus encore, des cibles prioritaires.

Hier, c’est l’humour, c’est Rabelais qui ont été attaqués, c’est le cœur même de notre âme collective qui a été blessé. Les responsabilités sont immenses et ceux qui ont critiqué la ligne éditoriale de Charlie Hebdo doivent se regarder en face. Il faut en finir avec l’attitude irénique et utopiste vis-à-vis de l’islam radical, ses fidèles ne respecteront ni la France, ni la République. De la Syrie à Paris, nous sommes aujourd’hui tous solidaires face à ces montres aux visages trop familiers.

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