Faut-il sortir de l’euro ou supprimer deux millions de fonctionnaires ?

Auto-entrepreneur
 

François Fillon, vainqueur des primaires de la « droite » et possible futur Président, a inscrit dans son programme la volonté de supprimer 500.000 fonctionnaires en cinq ans. Cette mesure est brandie comme un épouvantail par la gauche, évidemment, et aussi par le FN. Beaucoup y voient une mesure antisociale, ordolibérale, de la casse ou Dieu sait quoi.

Le mille-feuille administratif concerne environ 20 % des emplois en France, soit 5,4 millions, dont 3,8 millions de personnes ayant le statut de fonctionnaire. Cela représente environ 30 % de plus qu’en Allemagne. Quel rapport avec l’euro, me direz-vous ?

La question centrale est de savoir si la France et l’Allemagne peuvent avoir la même monnaie. En l’état actuel des choses, la France ne peut pas avoir la même monnaie que l’Allemagne pour la raison qu’elle a 30 % de fonctionnaires en plus. Sans tomber dans les clichés, le mille-feuille administratif est une charge, avant d’être éventuellement un service, une charge qu’il faut financer, et ce sont les entreprises du privé qui doivent s’y atteler. Pour que la France ait la même monnaie que l’Allemagne, il faudrait que les entreprises soient 30 % plus efficaces pour compenser le boulet qu’elles tirent ici et ne tirent pas là-bas.

Les économistes estiment que le néo-franc serait environ 10 % en dessous de l’euro et le néo-mark environ 20 % au-dessus, donc on retrouve les 30 %.

Pour faire simple, avant l’euro, les dévaluations servaient à restaurer la compétitivité et elles étaient le prix à payer pour financer le mille-feuille administratif.

La décision de rentrer dans l’euro – autrement dit dans un système de changes fixes – a été prise en 1992 avec le traité de Maastricht. Or, la France n’a pratiquement rien fait pour acquérir une structure macroéconomique similaire à celle de l’Allemagne. L’endettement a triplé et le chômage empire de 1.000 chômeurs par jour depuis 2008. Ces chiffres sont la conséquence directe de la surcharge du mille-feuille administratif qui tue le secteur privé, sevré de la bouffée d’oxygène de la dévaluation. L’équation économique est très simple : si rien ne change, nous allons inéluctablement vers 100 % de chômeurs dans le secteur privé. Comme cette asymptote ne peut pas être atteinte, un seuil d’explosion du système sera tôt ou tard franchi.

Pour que la France puisse rester dans l’euro, il faut la dégraisser non pas de 500.000 fonctionnaires, mais de 1,8 million d’emplois publics, et le faire de toute urgence puisque rien n’a été fait depuis 25 ans. Le programme du candidat François Fillon est donc très timide. Par ailleurs, les récentes lois du PS ne font qu’aggraver le pressurage des salariés du privé.

Pour sortir de la crise en restant dans l’euro, revitaliser le secteur privé et réduire à terme le chômage, il est indispensable de dégraisser 30 % des fonctionnaires, faire baisser les prélèvements obligatoires de 57 % à 40 %. Si aucune décision n’est prise, les faits décideront d’eux-mêmes. Le statu quo est impossible.

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