Malek Boutih contribue-t-il à l’islamisation de la France ?

Docteur en droit, journaliste et essayiste
 

Ayant lu avec attention, hier, l’article de Marie Delarue sur le rapport que Malek Boutih vient de transmettre au Premier ministre, je me permets d’en tirer quelques conclusions assez radicalement différentes. En effet, le député socialiste y prophétise ce que nombre d’observateurs ne cessent d’annoncer depuis des mois et des années. Mais on ne fera pas à l’ex-leader de SOS Racisme le même procès en malaria lepenia dans lequel la même caste d’autruches bien-pensantes entretient régulièrement ces derniers.

Le titre du rapport, « Génération radicale », est sans ambiguïté. Boutih est certes un idéologue, mais pas un imbécile. Le choix d’un titre qui n’est pas sans évoquer son pendant identitaire révèle, précisément, l’intention de son auteur. En pointant du doigt la dimension éminemment politique de la dérive islamiste d’une partie de la jeunesse française – étant établi que pas moins de 65 % des individus impliqués dans les filières djihadistes ont moins de 25 ans -, le député livre en même temps l’analyse métapolitique – c’est-à-dire civilisationnelle et culturelle – d’un phénomène exponentiel.

Toutefois, le raisonnement suivi est biaisé. Ainsi, lorsqu’il écrit que « l’islamisme révolutionnaire iranien marque en réalité la naissance d’un nouveau syncrétisme, celui du fait totalitaire religieux et de la contestation politique révolutionnaire. Dès lors, l’islam n’est plus uniquement un fait religieux, mais il est revendiqué comme un fait politique », Malek Boutih commet une erreur liée à l’insuffisance de sa profondeur de champ historique. Le phénomène djihadiste est, en effet, beaucoup plus ancien puisqu’il remonte quasiment à la création de l’islam en 622, lorsque Mahomet et ses successeurs décidèrent de convertir leurs contemporains par le feu et le cimeterre.

Mais revenir sur cette réalité historique qu’aucun historien ou islamologue sérieux ne remettrait en cause conduit inévitablement à s’interroger sur la véracité d’un discours ambiant consistant à louer l’islam comme une religion d’amour et de paix. Boutih noie volontairement le poisson en tentant de faire accroire qu’il existe, de tout temps, une dimension religieuse de l’islam qui aurait été dévoyée politiquement. C’est, évidemment, un leurre consciemment entretenu par les dhimmis politico-médiatiques qui instillent dans la société européenne l’anesthésique létal et anti-stigmatisant du « padamalgam ».

Dans un ouvrage récemment paru – et dont Boulevard Voltaire se fera prochainement l’écho -, l’historien Bruno Riondel a raison de rappeler que « fondamentalement théocratique, l’islam constitue une totalité qui n’admet pas l’altérité. En cela, il ne s’identifie pas du tout à la démocratie parlementaire ». L’histoire de l’islam et de son indissociable corollaire (la conquête) montre que ce que l’on appelle pudiquement une religion n’est en fait qu’un alibi dissimulant un projet littéralement planétaire tendu vers l’unification de « l’oumma ».

Le député de l’Essonne explique ainsi pourquoi les soldats d’Allah « se recrutent aussi au sein d’une jeunesse blanche, athée, branchée, ni musulmane, ni fragile, ni en crise d’adolescence, les nouvelles recrues marqu[ant] par leur profil la nouvelle dimension de cette radicalité, sa dimension politique ».

Toutefois, au lieu d’un aggiornamento pur et simple de l’islam, Boutih ne préconise rien moins que la « réhabilitation de l’histoire musulmane » afin de permettre « aux jeunes musulmans ou de culture musulmane de se sentir en phase avec les lois et modes de vie de notre pays ». Boutih, idiot utile de l’islamisme jetant de l’huile sur le feu ou vrai musulman contribuant, par la « taqîya », à l’islamisation de la France ?

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