Editoriaux - Politique - 25 octobre 2018

Après Nicolas Dupont-Aignan, Marion Maréchal domine aussi Laurent Wauquiez dans son propre parti

Dans les têtes des électeurs de base, les barrières et les lignes rouges sont tombées.

Le dernier sondage Ipsos publié par Le Point hier traduit exactement le même phénomène constaté il y a trois semaines pour Nicolas Dupont-Aignan : Marion Maréchal est devenue plus populaire que les deux chefs des partis LR et RN au sein même de leurs partis respectifs. Les médias ont retenu qu’elle devançait, avec 44 % d’opinions favorables, Laurent Wauquiez. Elle fait un bond de 13 points et passe au 8e rang des personnalités préférées par les sympathisants LR. Mais elle fait aussi quasiment jeu égal avec Marine Le Pen au sein du RN (85 contre 89 %). Les cadres frontistes ont beau répondre au Point que cela n’est pas un problème pour leur présidente, ils ne font que confirmer que la langue de bois est la chose la plus répandue.

Ces deux personnalités (NDA et MMLP, puisqu’ils jouent désormais dans la cour des grands) sont récompensées d’avoir pris du champ par rapport à leur parti d’origine et cherché à construire une alternative crédible à droite fondée sur le courage et les convictions. Leur parcours est, à ce jour, exemplaire. Ils jouissent d’un capital de popularité et de crédibilité qui peut encore fructifier.

L’électorat de droite, aussi bien chez LR qu’au RN, sent bien que ni Laurent Wauquiez, qui n’est pas maître chez lui (voir la tribune de 50 cadres LR contre Génération identitaire), ni Marine Le Pen n’auront la crédibilité et l’envergure pour incarner cette union des droites qui travaille les électeurs. Le succès de ces personnalités dans les sondages est la première traduction de cette ébullition de la base qui voit bien que les choses bougent partout en Europe alors qu’en France, malgré la déroute de la gauche et l’existence d’une majorité conservatrice de 35-40 %, l’élan populaire est à chaque fois brisé par des questions de personne ou d’appareil, des réflexes de « ligne rouge » ou des manques de compétences ou de convictions rédhibitoires. Il est en quête de cette troisième voie, ce « en même temps » de droite, et plébiscite toutes les initiatives qui vont dans ce sens. Dans la tête des électeurs de base, les barrières et les lignes rouges sont tombées et ils vont faire leur marché sur l’ensemble du rayon de la droite sans choisir automatiquement la tête de gondole qui leur est indiquée par leur chef de rayon. Ce qui compte, pour eux, c’est l’authenticité du produit et sa fraîcheur. Et plus le vieux label partisan décoloré.

Une autre « guerre des droites » que celle que pronostiquait Guillaume Bernard est donc peut-être encore devant nous : celle de la droite des convictions et du peuple contre celle des partis sclérosés qui empêchent la victoire. Désormais, ces personnalités du « en même temps » de droite qui suscitent l’adhésion d’une large base des droites ont une responsabilité historique. Certes, leur parcours ne sera pas facile car elles n’ont pas la chance d’avoir un François Hollande qui s’était autodétruit pour faire place nette à Emmanuel Macron. Mais les mouvements qu’enregistrent en leur faveur les sondages,, semaine après semaine, se traduiront forcément, à un moment ou un autre, dans les urnes. Il va sans dire que, dans l’intérêt de la France, le plus tôt serait le mieux.

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