Politique

Après Boutin et Sarkozy, Alain Delon rallie cette fois… Alain Juppé !

 

Les soutiens de personnalités, stars de cinéma ou de la scène n’ont que peu d’effet sur les électeurs en dehors, peut-être, de faire connaître et parler des moins connus le cas échéant. C’est ainsi qu’en 2014, Alain Delon avait soutenu le label Force Vie de Christine Boutin. Pour la primaire à venir, il vient d’annoncer son soutien à Alain Juppé.

Longtemps proche de Nicolas Sarkozy, l’acteur Alain Delon annonce qu’il ne votera pas pour l’ancien chef de l’État et déclare : « C’est lui qui m’a quitté, ce n’est pas moi. Il m’a largué, je ne sais même plus si j’existe à ses yeux, alors que voulez-vous que je fasse, que j’aille en rampant le chercher ? »

Il s’agit donc d’un vote par dépit, il s’agit plus d’un barrage à Nicolas Sarkozy que d’un soutien idéologique à Alain Juppé avec qui, à part le prénom, il ne partage rien. Alain Juppé étant d’extrême centre, voire centre gauche, il a déjà annoncé qu’il ferait un gouvernement d’ouverture sur la gauche. Alain Delon, pour sa part, a déjà par le passé déclaré qu’il approuvait la place très importante du Front national.

Dans sa recherche d’un candidat de conviction à soutenir, il est dommage que lui qui avait soutenu Christine Boutin, la présidente d’honneur du Parti chrétien-démocrate, n’ait pas pensé à soutenir son président actuel, Jean-Frédéric Poisson, qui est pourtant en lice pour cette primaire.

Les deux hypothèses possibles pour ce soutien par défaut sont :

– l’anti-sarkozysme, qui consiste à vouloir absolument son éviction et qui montre que la droite « Républicaine » qui semble avoir le vent en poupe est en réalité divisée, et au bord de l’explosion ;

– la méconnaissance de Jean-Frédéric Poisson (ou d’autres candidats), que les médias ignorent, alors qu’ils peuvent représenter une alternative sérieuse et représentative des électeurs. Cette primaire avec sept candidats n’est présentée que comme un duel Juppé/Sarkozy avec Fillon dans le rôle du troisième homme.

Cette dualisation absurde avant les primaires risque d’avoir un effet pervers, car au lieu d’un soutien à un candidat, nous voyons un rejet de l’un des candidats « favoris ». Le duel sans merci entre anti-Juppé et anti-Sarkozy et l’animosité nourrie par le camp de chacun pourraient conduire – in fine – à faire élire par défaut un outsider !

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