Economie - Editoriaux - Réflexions - Société - 6 novembre 2018

Années 30 ? Et la mondialisation, dans tout ça ?

Dans le Nice-Matin du 3 novembre 2018, selon l’éditorialiste, « il flotte dans l’air que nous respirons de désagréables relents des années 30 […] Impatientes et inquiètes, les opinions publiques se détournent des forces politiques traditionnelles au profit des démagogues et des extrémistes… La démocratie même est menacée de dégagisme… N’avons-nous donc rien appris des années 30 ? » ». C’est le refrain propagandiste que la presse dominante ne cesse de répéter, tant les élections européennes font peur à cette caste ancrée au pouvoir.

Mais il fallait y penser avant la mondialisation et ses délocalisations, avant la vente à l’encan des services publics, avant l’immigration comme stratégie de déconstruction de l’idée même de nation, avant le laxisme de l’État et de sa justice face au terrorisme et à la criminalité. D’ailleurs, ce même journal titre en première page qu’un policier de la BAC été tabassé devant son domicile à Hyères (Var) par huit délinquants qui l’avaient reconnu. La page suivante note qu’un SDF, très alcoolisé et se promenant les fesses à l’air en plein centre de Saint-Tropez, insulte et crache à la figure des cinq gendarmes venus l’interpeller.

D’une façon générale, les médias nous parlent le plus souvent de sujets dérisoires, infantilisants, et bien peu des contradictions entre le darwinisme social d’un système économique dominé par la finance planétaire et les véritables causes de la paupérisation de la classe moyenne.

La mondialisation ne s’avère heureuse que pour les grands patrons dont les salaires ont augmenté, en un an, de 14 % (Le Monde du 25 octobre) ! Pendant ce temps, la dette colossale du pays ne cesse de croître ; impossible à rembourser, elle plonge l’État dans la dépendance totale vis-à-vis des banques internationales, c’est-à-dire surtout américaines.

La mondialisation repose sur une spécialisation des pays. Aux pays à bas coûts de main-d’œuvre les ateliers du monde et à l’Occident les hautes technologies. En plus d’être discriminatoire, et en contradiction avec la « diversité » si prônée par les élites intellectuelles, cette idéologie s’est avérée fausse, les pays émergents se révélant également très compétitifs dans les hautes technologies. D’autre part, faire de l’Asie l’atelier du monde est une catastrophe écologique pour toute la planète, avec ces convois permanents de porte-conteneurs dont le carburant est extrêmement polluant.

Enfin, spécialiser des pays à bas coûts dans l’alimentation de base est un danger. En cas de perturbations politiques ou météorologique, comment se nourriront les populations qui n’ont plus d’agriculture et dépendent donc d’autres pays ?

Plus grave encore : la spécialisation en agriculture pousse à la culture intensive, à l’utilisation d’engrais, de pesticides, d’OGM et, le plus souvent, d’une énorme quantité d’eau.

En un mot, tout ce qui arrivera demain n’est que la réponse à ce profond mépris que la plupart des représentants du peuple ont montré pour ceux qui les ont élus. Des démagogues, des menteurs, des élites corrompues ou naïves qui, aujourd’hui, crient au loup et révèlent leur lâcheté en niant leur responsabilité. Ce sont la droite et la gauche qui, depuis quarante ans, font que « le monde qu’on espérait ne verra pas le jour », comme chante d’outre-tombe Johnny Hallyday !

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